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Trou-Blanc : Mourou et la guerre des gourous


Finalement, après un long suspens et sans doute beaucoup de tension, Ennahdha a opté pour un candidat du mouvement à l’élection présidentielle du 15 septembre 2019. C’est Abdelfattah Mourou, tout rempli de sa symbolique, de ses antécédents et de son ambition. A peine annoncée, la nouvelle a envahi les espaces de communication de toutes formes et a drainé les commentaires de toutes sortes.

Personnellement, je ne reconnais à A. Mourou qu’une « qualité » qui peut s’avérer un vilain défaut. C’est un beau parleur, un vrai charmeur par le discours, qui vous ferait vendre votre âme au diable ou qui vous vendrait le diable dans l’habit du moine. Il est vrai que cela constitue la principale arme politique depuis les sophistes d’Athènes, cinq siècles au moins avant notre ère, mais sur quelle plateforme éthique cela est-il édifié ? Le principe de base de cette logique est le suivant : convaincre de tout, même des gros mensonges. Voilà à quoi on reconnaît un rhéteur, surtout dans le monde politique. A. Mourou est un champion en la matière ; les Tunisiens le savent, mais combien nombreux sont les citoyens qui jouissent de se sentir violés et la conscience hypnotisée par l’apparat du beau langage et l’éclat de la tortueuse parole !

C’est à bon escient qu’Ennahdha a finalement opté pour cette candidature qui fera l’essentiel attendu, après le contretemps survenu suite à l’anticipation de l’élection présidentielle. A. Mourou, le frère ennemi de Rached Ghannouchi, tous deux passant pour les principaux leaders d’Ennahdha, depuis son ère du « Mouvement islamiste », aura l’occasion de satisfaire son narcissisme par cette candidature dont les enjeux sont très suspects. Encore une fois, il fera une vitrine pare-balles devant le Grand Cheikh ; il sauvera autant que faire se pourra la cohésion de la base de l’électorat des nahdhaouis ; il donnera aussi, peut-être, de meilleures armes au Mouvement pour négocier l’avenir. Autrement, il brûlera du même feu qui l’anime aujourd’hui.

Attendons la fin de la journée du 9 août 2019, à la clôture des candidatures ; on aura sans doute plus d’éléments pour analyser cette désignation plus profondément.

Ahmed Gacem


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