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Table ronde « La réforme de l’enseignement et l’évolution de l’école tunisienne »


 

(Cité des Sciences, Lundi 15 juin 2015, à partir de 10 heures)

L’initiative prise par l’Association Tunisienne pour l’Education et la Culture d’organiser une table ronde sur la réforme de l’enseignement et l’évolution de l’école tunisienne a été jugée louable par plus d’un parmi le nombreux public qui y a participé ou assisté. Au programme de la rencontre, dix interventions de professeurs universitaires (encore en exercice ou à la retraite), d’inspecteurs du primaire et du secondaire (retraités ou qui ne le sont pas encore) et de la directrice du département des sciences de l’Académie Tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, Beït El Hikma.

Comprendre le mal et situer la faille

  1. Hichem Rifi est revenu sur l’histoire de l’école tunisienne pour souligner la nette continuité dans son évolution depuis l’indépendance jusqu’à nos jours et ce dans le même esprit réformateur initié par la génération de Kheïreddine Pacha, Mahmoud Kabadou et Ahmed Ibn Abi Dhiaf. Il importe, selon lui, de poursuivre l’œuvre de tous nos devanciers, car notre système éducatif est bon dans son ensemble et ne nécessite pas de refonte radicale comme le préconisent certains, ces derniers temps. L’inspecteur Brahim Ben Salah a abondé dans ce sens, et a imputé la crise actuelle au nouvel ordre capitaliste mondial dont l’école tunisienne subit l’inique diktat. Pour le Professeur Mohamed Slaheddine Cherif, il y a lieu de déplorer certains dysfonctionnements dans notre système éducatif, qui néanmoins n’appellent pas, selon lui, à une révision totale de ce système considéré comme le meilleur dans le monde arabe. Si crise il y a, précise-t-il, elle est essentiellement d’ordre économique. M. Chérif n’a pas manqué, d’autre part, d’émettre ses craintes quant aux desseins véritables de certaines institutions et organisations de l’Etat ou de la société civile (Justice, UGTT, Ligue des Droits de l’Homme, partis politiques etc.). Le Professeur Mansour M’henni a surtout mis l’accent sur la nécessité de dépassionner le débat sur le système éducatif et d’éviter les polémiques idéologiques stériles autour de ce sujet. «  Nous sommes tous responsables de la crise actuelle dans laquelle se débat l’enseignement sous nos latitudes, que ce soit en tant qu’éducateurs ou en tant que citoyens. » Dans un esprit constructif, M’henni appelle à établir un bilan objectif des différentes étapes par lesquelles notre système éducatif est passé, à identifier les facteurs véritables qui ont conduit à sa régression, et enfin à repenser l’école et la philosophie qui sous-tend nos choix éducatifs pour en consolider les acquis et pour adapter notre système aux nouvelles conceptions et méthodes pédagogiques. Il a terminé son intervention par un constat amer concernant les faibles moyens matériels mis à la disposition de nos institutions éducatives et qui entravent l’amélioration du niveau des apprenants tunisiens.

« L’exception tunisienne »

Mme Souad Kammoun Echouk a, quant à elle, recommandé à l’assistance la lecture d’un ouvrage collectif, édité par Beït El Hikma, qui propose une approche prospective de la réforme de l’enseignement en Tunisie et qui épargne à nos décideurs de prendre des mesures juste bonnes pour colmater provisoirement les brèches constatées. Le Professeur Hassine El Oued s’est étendu sur ce qu’on appelle « l’exception tunisienne », honorable distinction due principalement à la philosophie de notre enseignement orientée vers la formation d’individus intelligents capables de réfléchir sainement et par eux-mêmes. Il a également appelé à la formation continue et efficace des formateurs. Pour le Professeur Salah Ben Romdhane, l’école tunisienne est inscrite dans le mouvement de l’Histoire, on ne doit donc ni conclure à sa réussite ni à son échec. Il faudrait, selon lui, parler plutôt d’amélioration qualitative de notre système éducatif, et également réviser le rapport de nos élèves et étudiants avec les autres institutions susceptibles de les aider à enrichir leur culture et à rationnaliser leur manière de penser et d’agir (ciné-clubs, maisons de culture, bibliothèques publiques, etc.) La dernière intervention fut celle de M. Abdelmajid Farhat, inspecteur d’enseignement secondaire, qui a déploré en premier le fossé qui, dans notre système éducatif, sépare les prévisions et les réalisations. Il a ensuite appelé à la délimitation des responsabilités quant à la crise actuelle qui mine notre enseignement.

Discussion

La séance de discussion fut très riche et très instructive. Parmi les interventions les plus brillantes, celle du Professeur Abdelmajid Charfi est à retenir, ainsi que les fougueuses, mais pertinentes, prises de parole de quelques élèves d’un lycée pilote tunisois. A la fin de la table ronde, les invités reçurent gracieusement quatre numéros de la revue Al Hayat Thaqafiyya. Merci donc aux organisateurs de cette rencontre ô combien fructueuse et à laquelle plusieurs jeunes enseignantes ont pris part.

Compte rendu de Badreddine BEN HENDA


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