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olfa mzali

Société: L’école publique en passe de devenir un véritable mouroir


Les intellectuels et les universitaires réagissent à différentes situations jugées problématiques en Tunisie. Ils s’expriment partout, surtout sur les réseaux sociaux. Nous continuons d’en rendre compte pour stimuler, autant que faire se peut, une dynamique de conversation autour de ces questions, en vue de solutions majoritairement consensuelles.

Ici, c’est, en hommage au métier d’enseignant et aux enseignants décédés dans l’exercice de leur métier  que Mme Olfa Mzali prend position et s’exprime:

« C’est le troisième enseignant qui succombe cette semaine à une crise cardiaque sur son lieu de travail. Je suis profondément peinée et très en colère ! D’autant plus en colère que le ministère de tutelle n’a pas l’air de s’en inquiéter outre mesure. Dans un pays qui se respecte, la nouvelle aurait suscité une vague d’indignation généralisée, déclenché une onde de choc et fait immédiatement la une de tous les médias. Et pas sur le mode du fait divers, ni du « reportage » racoleur, aussi condescendant que voyeur !
L’image, glaçante, me hante depuis des heures et se superpose, par moments, aux sourires fauchés des deux élèves d’un internat de Thala, victimes cette semaine encore du laisser-aller des uns, de l’incompétence des autres et de l’indifférence de tous. La photo – que je ne partagerai pas par respect pour le défunt et sa famille – montre une « salle des profs » impersonnelle et froide, qui ressemble à s’y méprendre à toutes celles par lesquelles je suis passée. Au milieu de la pièce trône une grande table en formica beige, si tristement familière, qui fait office de bureau, sur laquelle est étendu le corps sans vie de l’enseignant, recouvert d’un linge blanc avec, à proximité, quelques collègues aux visages consternés… Insoutenable.
Ne dit-on pas que l’école est le miroir de la société ? Il suffirait de regarder ce qui s’y passe aujourd’hui pour mesurer l’ampleur de la crise et l’infini du désastre à venir si rien n’est fait, d’urgence, à tous les niveaux de la chaîne. Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles, un peu partout, du primaire au supérieur, indignes parfois, conditions qui reflètent, si besoin est, la déconsidération croissante de la profession et du secteur. Encore faut-il vouloir regarder…
Pour l’instant, je crains que l’école publique ne soit en passe de devenir un véritable mouroir ! » (OM)


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