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Raif Badawi – une grâce royale pointe à l’horizon


Par Habib Trabelsi

L’onde de choc provoquée dans plusieurs pays occidentaux par la flagellation en Arabie saoudite de Raif Badawi devrait amener le souverain saoudien à accorder sa clémence, la demande royale à la Cour suprême de réviser le dossier du blogueur, pouvant être un prélude à cette grâce.

Après avoir « reporté » vendredi pour des « raisons médicales » la deuxième série de 50 coups de fouet qui devaient être administrés à Badawi, les autorités saoudiennes observaient toujours le silence samedi en fin de matinée sur des informations reçues par la femme du blogueur, Ensaf Haidar, selon lesquelles « le dossier sera revu par la Cour suprême à la demande du roi Abdallah ben Abdelaziz », hospitalisé depuis plusieurs jour pour une pneumonie.

Outre les 1.000 coups de fouet répartis sur 20 semaines, l’animateur du site internet Libéral Saudi Network et lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF), avait été condamné en novembre à dix ans de prison et à un million de rials (environ 226 000 euros) d’amende.

#JesuisRaef ou l’onde de choc

Sa flagellation le 9 janvier devant des centaines de fidèles dans la ville portuaire de Djeddah a suscité une vague de manifestations de soutien dans une vingtaine de capitales occidentales, notamment devant les ambassades saoudiennes.

Des appels pressants pour sa libération ont été lancés notamment par le Département d’État américain qui avait condamné la flagellation et appelé Ryad à annuler « cette punition inhumaine et brutale et à réexaminer le dossier de Badawi et sa condamnation».

Outre les États-Unis, les gouvernements du Canada, d’Allemagne, de la Norvège, de Suisse … ont tour à tour dénoncé le châtiment qui lui a été infligé et le haut-commissaire des droits de l’Homme de l’ONU a demandé aux autorités saoudiennes de suspendre la flagellation.

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard avait fait savoir à l’ambassadeur saoudien qu’Ottawa était prête à accueillir Raif Badawi s’il était libéré. M. Badawi n’est pas un citoyen canadien, mais sa femme, Ensaf Haidar, et leurs trois enfants ont fui le royaume en avril 2012 et se sont établis à Sherbrooke en novembre 2013.

Un tollé médiatique

« En Arabie saoudite, la liberté d’expression, c’est 1000 coups de fouet », « Comble d’hypocrisie saoudienne, un représentant du royaume avait pourtant défilé à Paris pour Charlie Hebdo », « Le mot hypocrisie est faible… », disaient plusieurs médias en Occident, horrifié par l’attentat perpétré le 7 janvier contre l’hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo» par des «jihadistes» se réclamant de l’organisation «Etat islamique».

Le numéro deux de la diplomatie d’Arabie saoudite, Nizar al-Madani, faisait partie des dignitaires accourus à Paris pour la Marche républicaine après la tuerie de « Charlie Hebdo ». Au même moment, Raif Badawi recevait les premiers de 1 000 coups de fouet « pour sa liberté de pensée ».

Un journal s’est même payé le luxe d’une métaphore empruntée à la mythologie grecque, en comparant Raif Badawi à… Prométhée qui fut condamné par Zeus, le roi des dieux, à être enchaîné nu à un rocher dans les montagnes du Caucase où un aigle (ou un vautour, selon les versions) venait lui dévorer chaque jour le foie qui repoussait chaque nuit et sa souffrance devenait ainsi infinie.

Dans l’intérêt général de la nation…

«En Arabie saoudite, le souverain a le droit d’accorder sa grâce, conformément à l’intérêt général et politique de la nation et à la charia », s’accordent aussi à dire des internautes saoudiens qui affirment avoir « eu vent » d’une demande royale de révision du dossier Badawi.

« Surtout devant les pressions des Etats-Unis, de l’Occident et des Organisations de défenses des droits de l’Homme », rétorquent de nombreux autres qui ont créé sur le réseau social Twitter le hashtag Sur le réseau social Twitter, le hashtag

#leRoiDemandeLaRevisionDeL’AffaireRaif.

Ce fut aussi le cas dans le passé, avant même que l’Arabie saoudite, une monarchie ultraconservatrice, ne se fut engager sur la voie d’un dialogue interreligieux dont le roi Abdallah était le principal promoteur.

Ainsi, en décembre 2007, le roi Abdallah avait ainsi accordé sa grâce à une Saoudienne victime d’un viol collectif et condamnée à six mois de prison et 200 coups de fouet, une affaire qui avait suscité une vague d’indignation dans les pays occidentaux, y compris aux Etats-Unis.

En août 2003, son prédécesseur, le roi Fahd, avait accordé sa grâce à … un Canadien, William Sampson, et un Britannique, Alexander Mitchell, reconnus coupables de participation à une série d’attentats à l’explosif qui avaient fait un mort et des blessés en novembre 2000 à Ryad. Sampson et Mitchell avaient été condamnés à la peine capitale et Schyvens à une peine de prison. Un ressortissant belge, Raf Schyvens, était également impliqué dans cette affaire.

En 1998, le même roi Fahd avait accordé sa grâce à deux infirmières britanniques accusées du meurtre d’une collègue australienne. Deborah Parry (39 ans) avait été condamnée à être décapitée et Lucille McLaughlan (32 ans) à huit ans de prison et 500 coups de fouet.

Mais un Saoudien s’est demandé samedi sur le même hashtag comment le roi pouvait inviter la Cour suprême à réviser le dossier de Badawi alors que le dernier communiqué officiel du Diwan royal laissait entendre que son état de santé n’était pas rassurant.

Le 5 janvier, le prince héritier Salman ben Abdelaziz avait rassuré le cabinet national quant à la santé du souverain, mais les rumeurs voulant que le monarque, âgé de plus de 90 ans, soit au chapitre de la mort, vont encore bon train sur Internet.

***

Flagellation de Raif Badawi

Seins nus contre la condamnation à 1000 coups de fouet de Raïf Badawi

Doudi écrit à son père condamné à 1000 coups de fouet


Un commentaire

  1. Zeus finira bien par pardonner à Prométhée !
    Toute proportion gardée: Raif Badawi n’a pas volé au Roi Abdallah le feu et les arts pour les donner aux hommes. Il n’a donc pas commis, ainsi que le fit Prométhée, la plus grave erreur qui sera fatale pour l’humanité !!

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