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Questions sur la Méditerranée : Alia Bornaz Baccar répond


Ndr : Nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle rubrique, conduite par Badreddine Ben Henda, qui interroge des personnalités attitrée sur des questions qui nous concernent. Une façon d’inviter à approfondir la réflexion sur ces questions. La première série est consacrée à la Méditerranée.

Trois questions sur la Méditerranée sont posée au Professeur émérite Alia Bournaz Baccar, militante infatigable en faveur de la « cause » méditerranéenne et auteure de nombreuses publications sur la Méditerranée, dont en particulier son ouvrage : La Méditerranée, odyssée des cultures (Mention spéciale du Jury « Afrique méditerranéenne » décernée par l’Association des Ecrivains de Langue Française, Paris nov.2009)

Question I – L’avènement du Printemps arabe a nourri bien des espoirs, notamment en Tunisie, à propos de nouvelles relations possibles entre les deux rives de la Méditerranée. Malheureusement, ces espoirs semblent être cruellement déçus aujourd’hui. Qu’en dites-vous ?

AB : Oui, dans l’euphorie générale le printemps arabe a nourri de multiples espoirs.

-Pour le sud, la réalisation des rêves spécifiques à chacun : l’apprentissage de la liberté mais qui a sombré peu à peu dans l’indiscipline, l’occasion d’instaurer un nouveau modèle de société en s’attaquant à l’identité du pays, son drapeau, son hymne, ses us et coutumes, ses vêtements, son langage….bref. Chacun selon sa condition, son idéologie ou sa personnalité voulait atteindre son idéal : pour la jeunesse la plus démunie le mirage de l’Eldorado lui tendait les bras et ce fut l’assaut vers Lampedusa, pour la plus influençable ce fut l’attrait de la guerre meurtrière en Syrie, pour la plus sensible le suicide fut choisi faute de percevoir une lueur d’espoir ou d’agir en se mêlant aux manifestants ou aux grévistes….

- Pour la rive nord, l’admiration et le respect ont cédé peu à peu la place à la l’inquiétude, à la méfiance puis au rejet et enfin à l’islamophobie : les politiques s’interrogeaient sur le devenir de ces pays, voisins d’en face et en particulier de la Tunisie dont la situation stratégique joue un rôle prépondérant au cœur de la Méditerranée. Force nous est de reconnaître aujourd’hui que Mare Nostrum n’est plus ce lien entre les hommes, ce lieu de brassage et d’enrichissement mutuel, mais au contraire il est devenu un mur infranchissable, nouveau rideau de fer, un cimetière sans fond.

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Question II – Une frustration aussi lancinante est-elle de nature à altérer votre engagement en faveur de la Méditerranée, et à décourager tous ceux qui partagent votre rêve ?

Non pas du tout. La Méditerranée quoiqu’il arrive sera cette Mare Nostrum servant de lien entre les pays riverains. L’Histoire qui les relie ne peut être balayée d’un coup de main ou même par un tsunami ! Elle restera toujours le nombril du monde qu’il représentait dès l’Antiquité la plus reculée. Elle a abrité de grandes rencontres, tour à tour  des histoires de guerre ou des histoires d’amour… elle demeurera, n’en déplaise, le berceau des civilisations de l’Humanité : Pharaonique, Grecque, Phénicienne, Carthaginoise, Romaine…. comment les oublier ? Comment oublier ses héros qui resteront à jamais dans les mémoires ? Ulysse, Cléopâtre, Didon, Hannibal, Syphax, Sophonisbe, Auguste… L’élément naturel aidant, ils tissent et renforcent les similitudes existant entre les deux rives, ils font sa force, son unité tout en continuant à bercer nos rêves.

Question III – La nouvelle équipe dirigeante en Tunisie ne paraît pas trop croire en l’apport effectif des puissances nord-méditerranéennes dans le redressement économique de notre pays. Est-ce la bonne option, selon vous ?

Oui, c’est vrai, mais je pense que cette équipe est réaliste. Il faut dire qu’à l’heure actuelle ces pays « nantis » ont eux-mêmes de graves problèmes économiques, je ne citerai que le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie, la Grèce, l’Europe centrale…qui nous manifestent certes leur sympathie mais l’apport est bien timide. Je comprends donc cette réticence. Il y aurait un autre moyen pour ne pas alourdir encore plus notre dette extérieure ; par notre sérieux et notre labeur il faut redonner confiance et offrir une meilleure image de nous-mêmes. Redorer en quelque sorte notre blason en multipliant des expositions de qualité, des concerts de haut niveau, en présentant nos créations (livres, représentations, Haute couture) nos découvertes archéologiques, technologiques, médicales…..nous devons compter sur nous-mêmes, par notre sagesse et notre volonté nous arriverons à remonter la pente !

La connaissance, la communication, et les échanges culturels entre les deux rives ne peuvent être que bénéfiques et entretenir le respect mutuel. Ce n’est qu’avec une volonté commune pour le progrès et notre amour pour notre pays que nous pourrons faire renaître l’espoir et la quiétude en Méditerranée.

 

(Rubrique conduite par Badreddine Ben Henda)


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