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T Labassi

Questions à… Tahar Labassi : Les règles du jeu démocratique restent de mise dans la gestion de nos conflits


Tahar Labassi, Maître de conférences à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis. Universitaire très actif sur les plans syndical et politique, il publie de très fines analyses politiques et sociales dans des journaux, des revues et sur les réseaux sociaux. C’est la raison pour laquelle nous lui avons adressé deux questions sur l’actualité en Tunisie, au Maghreb et dans le Monde arabe.

Question I- L’actualité en Tunisie peut se résumer en ces termes brefs : « tout pour s’alarmer, et presque rien pour être rassuré. » Qu’en dites-vous ?

Dans les multiples éléments de l’actualité tunisienne, il y a certainement de quoi être plus qu’alarmé. On n’a pas besoin de lire les articles de presse ou l’état des lieux établis par les experts en sécurité ou en économie pour s’en convaincre. Il suffit de voir la situation où se trouvent nos écoles, nos administrations, nos hôpitaux etc., de regarder autour de nous en vaquant à nos activités quotidiennes au marché ou en conduisant nos voitures. On voit tous les jours une déplorable dégradation de nos infrastructures et de nos mœurs. Cela est dû, à mon avis, au sentiment d’impunité qu’éprouvent les contrevenants à la loi et au sens civique et citoyen. On sait que, ces jours-ci, l’autorité passe par un moment de faiblesse après des années de pouvoir parfois abusif. Désormais, le sentiment d’impunité a pris la place de la peur. Le slogan « Plus de peur dorénavant » résume cet état d’esprit. Dans les grandes démocraties, les citoyens respectent la loi parce qu’ils redoutent les sanctions prévues contre chaque infraction. C’est parce qu’ils se soumettent aux lois en vigueur que les citoyens paient leurs taxes, leurs factures d’électricité et ne grillent pas les feux rouges.

En revanche, ce qui est rassurant, du moins en Tunisie, c’est qu’on n’est pas encore passé à la violence armée. La violence se traduit par des actes isolés que condamnent tous les courants politiques. On a au moins ce consensus de gagné. Les règles du jeu démocratique restent de mise dans la gestion de nos conflits. D’autre part, l’actuel parlement représente presque tous les courants politiques de poids. Si l’ancien régime est tombé, c’est parce qu’il n’a pas su résorber les conflits politiques qui s’étaient traduits par des manifestations de rue, et qui avaient échappé à tout contrôle.

Question II – N’est-ce pas cette même réalité désolante qui prévaut actuellement dans les pays du Maghreb et dans l’ensemble des Etats arabes ?

Je crois qu’on ne peut pas généraliser. Les situations diffèrent, même dans les pays où le contexte semble être identique à celui des autres Etats en crise. La Syrie ne vit pas le même marasme qu’en Libye, par exemple. En Syrie, il y a un pouvoir en place qui « résiste » et qui bénéficie du soutien de quelques puissances régionales et mondiales. En Libye, c’est le chaos total. Il y a deux pouvoirs rivaux ; et sur le terrain, ce sont les milices qui dictent leurs lois. Entre les hommes et les mouvances politiques qui s’entretuent là-bas, les pourparlers et les négociations imposés par des puissances occidentales ne mèneront à rien, du moins à moyen terme. Au Yémen, c’est le président déchu qui ne lâche pas, et qui s’est allié à ses adversaires d’hier. On est revenu à la partition Yémen du Nord et Yémen du Sud. En Egypte, on est revenu à la case départ. L’armée a gouverné, gouverne et gouvernera. Quant à la question de la démocratie, elle reste entière dans ce pays frère.

                                     Entretien conduit par Badreddine BEN HENDA


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