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M'henni Mansour

Lectures : L’UGTT et les problèmes actuels de la Tunisie


Par Mansour M’henni

Le jeudi 28 mai 2015, l’UGTT et l’UTICA ont arbitré un conflit qui a tourné à l’échange violent entre des deux régions de Jemna et El Golâadu gouvernorat de Kébili, occasionnant des dégâts matériels et une trentaine de blessés. Finalement un accord a été conclu et on a évité le pire.

N’est-ce pas une belle initiative, à un moment où des gens commencent à douter de la principale organisation syndicale et regrettent déjà les jours heureux où le syndicat des ouvriers et celui des patrons travaillaient la main dans la main, avec deux représentants de la société civile, à essayer de sortir le pays d’un bourbier où il allait gravement s’enliser, par le fait des dérapages et des maladresses du gouvernement en place. C’était le « Dialogue National ».

La Tunisie en avait tiré un précieux profit en se dotant d’un gouvernement provisoire indépendant des partis, ou supposé comme tel, avec un rendement différemment évalué, mais avec une réussite inestimable, celle de la réalisation d’élections vraiment libres et transparentes, en trois temps, pour se doter d’une Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et d’un président de la République. Un gouvernement est né de ces élections. Lui aussi est discutable sur certains points, mais mis à part certains rendements insuffisants ou maladroitement conduits, la plupart des ministres font ce qu’ils peuvent avec les moyens disponibles. Au besoin, on pourrait remplacerles moins performants car les remaniements sont faits pour cela et il ne faudrait pas en avoir peur quand on a le souci de l’efficience.

Pourquoi donc ces points brûlants et ces grèves interminables qui ne cessent de se déclarer à un rythme régulier et inquiétant, d’autant plus qu’ils donnent l’impression d’une coordination concertée et combinée, avec peut-être des motivations strictement politiques, voire même, de connivence avec des forces étrangères qui ne veulent aucun bien à la Tunisie, hors ce qu’elles peuvent en tirer.

Certaines gens ont alors pointé du doigt l’UGTT qui leur semblait pouvoir difficilement cacher son implication soit par un silence consentant là où elle pourrait intervenir pour rationaliser la démarche des uns et des autres, soit carrément par une libération de l’initiative syndicale tant au niveau régional que local, sous l’influence de sensibilités politiques partisanes ayant infiltré l’action syndicale de façon assez pesante pour faire fi de la coordination et du contrôle de l’action par la direction centrale. On se souvient que cette politique avait été adoptée par l’UGTT les derniers jours du règne de Ben Ali, pour échapper à tout dialogue avec le pouvoir et pour précipiter sa chute. C’est à se demander si certains courants, dans l’UGTT et dans certaines mouvances politiques, ne sont pas de nouveau dans cette logique. On comprendrait alors que d’aucuns parlent d’une seconde révolution et d’élections anticipées au printemps de 2016.

Il me semble urgent que l’UGTT retrouve sa position de facteur d’équilibrage politique et social, sans renoncer aux intérêts de ses affiliés mais sans faire de ces intérêts un cheval de guerre dans des batailles inappropriées. Historiquement, il a souvent été dans cette logique et il serait fâcheux qu’il en change, aujourd’hui que le pays en a besoin dans cette même logique.Que le syndicat des patrons rejoigne cette même logique, c’est d’autant plus heureux que, par moments, on avait parlé de conflits entre les deux instances. L’important reste de revenir à cette logique de « dialogue national », mais en le poussant plus vers la logique de conversation, horizontale et plus étendue, donc plus démocratique.

Il est évident qu’avec cette logique, le gouvernement doit, lui aussi, naviguer dans le même sens, celui de l’échange conversationnel. Certains ministres doivent comprendre que dans la nouvelle démocratie, ils n’ont plus le droit de dire « JE » en parlant de ce qui est à faire. C’est le NOUS qui doit présider non seulement à la désignation de ces actions, mais aussi au processus qui devrait conduire à leur conception et à leur initiation.

Le gouvernement doit appeler, lui-même, à ce genre de conversation, mais avec la planification, la méthodologie et la conduite appropriées afin d’éviter que certaines « consultations » ne deviennent des acrobaties spectaculaires, populistes, coûteuses et peu productives.

Je reste convaincu de la nécessité d’un retour à la table commune de l’édification concertée de notre avenir immédiat, non plus pour doubler un gouvernement démocratiquement légitime, mais pour créer les conditions d’une mobilisation générale au profit du redressement de la situation par trop inquiétante de notre pas. Pour ce faire, on a besoin de laisser à la marge ce qui est actuellement marginal et de se concentrer sur l’essentiel.

Oublions pour un temps les tensions politiques juste le temps de consolider les conditions de notre démocratie naissante et ces conditions sont d’abord économiques, sociales et culturelles.

Il reste cependant évident que cet esprit conversationnel ne saurait se faire sansle parrainage des principaux piliers de la société civile, l’UGTT et l’UTICA. Sans doute aussi avec l’association du syndicat des agriculteurs et d’autres corps représentatifs si ces derniers s’inscrivent dans la même logique.

Cet article a été publié par jawharafm.net


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