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Lectures : Le terrorisme et les médias entre le désir de liberté et le besoin de sécurité


Par Mansour M’HENNI

Le combat des médias a toujours été, d’abord, un combat pour la liberté d’expression et d’information, avec la conviction que la relation est inaliénable entre cette liberté et l’efficacité de l’exercice de la fonction journalistique. Voilà bien une vérité dont on ne saurait douter, sauf qu’à aucun moment on n’a vraiment cherché, de façon consensuelle, à définir les termes de cette liberté et à déterminer la nature de son articulation à d’autres valeurs ou exigences de la vie sociale. C’est d’ailleurs pourquoi on se retrouve souvent au centre de polémiques qui, au lieu de trouver le juste équilibre des droits et des devoirs de chacun à l’égard des autres, ne font que creuser les distances différentielles au profit des tensions conflictuelles.

C’est d’ailleurs dans ce genre de polémiques que surgit, en période de crise comme celle que vit actuellement la Tunisie, la dichotomie de la sécurité et de la liberté, avec sa question centrale, jamais épuisée : faut-il renoncer à une part de sa liberté au profit de la sécurité ? Cela revient à dire : tout peut-il ou doit-il être dit, quand le dire peut porter atteinte à la sécurité requise pour la vie en société ?

Evidemment ! répondraient les gens des médias, en ajoutant que la liberté du secteur est jusqu’à ce jour le seul butin de la guerre contre la « Dictature ». Du coup, et à chaque coup, les journalistes du terrain cherchent à envahir tous les espaces à problèmes et toutes les situations à potentiel informatif ; ils le font parfois (souvent, diraient d’autres gens) sans observer les règles sécuritaires établies qui sont vite interprétées comme une obstruction à l’information. La tension monte alors et de fil en aiguille, on en arrive à la violence caractérisée.

On a vécu, à plusieurs reprises, ce genre de problèmes en Tunisie à propos de l’information sur des actes terroristes, si bien que la nouvelle stratégie du gouvernement pour la lutte antiterroriste n’a pas manqué, avec beaucoup de précautions quant à la forme, de souligner la nécessité de certaines règles liées au traitement médiatique des informations ayant trait au terrorisme. De son côté, la HAICA, avec plus de précautions encore, a attiré l’attention sur le besoin d’observer, dans le secteur, une certaine (auto-)discipline à même de détendre les rapports entre les parties concernées, au cours de cette période de mobilisation générale contre la terreur.

En vérité, le problème n’est peut-être pas, au fond, un problème de liberté d’expression et de presse, surtout s’agissant du terrorisme, ce qui n’exclurait pas l’éventualité d’une tendance à « amadouer le secteur des médias ». C’est un problème complexe, lié pour une bonne part à la rentabilité financière qui dépend étroitement des taux d’audience et qui transforme les médias en chasseurs des buzz les plus chauds, parfois même à des accords tacites à la marge de la fonction. A cela s’ajouterait un manque de formation et d’encadrement alors que ces derniers constituent deux piliers fondamentaux pour la prise de conscience de la responsabilité inhérente à toute liberté.

Pour l’essentiel, à ce propos, il conviendrait de souligner que personne de l’extérieur ne pourrait ravir la liberté d’expression aux acteurs des médias, à moins qu’ils n’y consentent eux-mêmes, pour une raison ou pour une autre, pour un objectif ou pour un autre. Cependant, force est d’insister aussi sur la responsabilité des médias dans la culture sociale de la liberté, en sachant que cette culture n’est pas une dogmatisation de leur public ou un jeu sur leurs passions et leurs sensations fortes.

C’est la rationalité, la relativisation des vérités et le développement de la capacité de conversation qui devraient constituer les principales compétences à développer auprès du public et c’est avec ces valeurs que les médias, comme d’ailleurs l’éducation et la culture, rendent le plus précieux service à la mobilisation nationale contre la terreur. Malheureusement, presque tous les plateaux médiatiques, chez nous, à part deux ou trois, versent dans la démarche opposée et deviennent ainsi contre-productifs.

(Article paru sur jawharafm.net)


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