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Lectures : La Troisième Guerre Mondiale aura-t-elle lieu ?


Par Mansour Mhenni

On a sans doute relevé la référence du titre de cette chronique à celui de la pièce de Jean Giraudoux, La Guerre de Troie n’aura pas lieu, écrite en 1935 sans doute dans l’espoir de ne pas voir se déclencher une Seconde Guerre Mondiale dont la poussière annonciatrice étouffait les cœurs et les esprits, dans plusieurs pays. Pourtant, la Seconde Guerre Mondiale a bien eu lieu quatre ans plus tard.

Ce qui m’amène à réactualiser une telle interrogation, c’est ce qui se passe à New York, dans l’enceinte des Nations Unies, autour du terrorisme et de la Syrie, avec des données sur le terrain et d’autres dans les discours poussant certains commentateurs à l’imminence, au moins la sérieuse menace d’un nouveau conflit international généralisé.

Le 6 septembre 2015, la Russie est la première à commencer le déploiement de ses forces en Syrie ; douze jours plus tard, c’est l’Iran qui la rejoint, suivi, huit jours après, par la Chine, le 26 du mois, à ce moment précis où la Russie entre en action, dans le conflit syrien. La coalition qui soutient Bachar Al-Assad est donc bien présente et réaffirmée, avec ses deux puissances nucléaires, à supposer que l’Iran ne l’est pas. Elle constitue bien un bloc concret opposé à celui conduit par les Etats Unis, avec surtout la France, l’Allemagne et l’Angleterre pour principaux alliés.

C’est dire que tout le monde est parti à New York, en cette fin de septembre, avec une logique de guerre froide pouvant conduire soit à attiser la tension, soit à concevoir un compromis. C’est donc à se demander aussi si les spectacles de déploiements militaires faisaient parties de la stratégie des négociations entre les grands ou s’ils annonçaient vraiment le pire. Aussi voit-on apparaître des initiatives d’un côté et des résistances de l’autre, le tout tournant à la fin autour de la question : « Bachar, partira ou partira pas ? », entendez Bachar en tant que personne et Bachar en tant que système, avec tantôt la séparation des deux, tantôt leur association systématique.

Le plus curieux dans tout cela, c’est que tout est accroché à un seul clou qui a pour nom « la lutte contre le terrorisme », plus même, son éradication. C’est là que des questions importantes nous semblent laissées de côté, sans doute pour d’autres intérêts que la réplique à la menace terroriste.

D’abord, il y a lieu de se demander qui a été à l’origine des forces terroristes soudain sorties au grand jour comme des diables des demeures souterraines ayant fendu l’écorce terrestre pour envahir le monde des humains ! N’est-ce pas urgent d’abord de dévoiler ceux qui ont créé ces formations et les ont alimentées en moyens logistiques et financiers et les ont couvertes politiquement et, peut-on dire, judiciairement. Le plus farcesque, c’est de l’avoir fait au nom des droits de l’homme, pour se mobiliser aujourd’hui en vue de les écraser au nom des mêmes droits de l’homme !

Toutes les autres questions ne seraient alors que des branches de ce tronc commun dans lequel, à y voir de plus près, on retrouverait tous les décideurs aujourd’hui, sous le ciel bas et lourd de l’ONU. On actualiserait presque tout ce qu’on a abusivement appelé le « Printemps arabe », dans la continuité de la « Tempête du désert ». On s’attarderait sur le nouveau surgissement de la crise yéménite et du front pro-saoudien chargé de jouer, par ce biais, le rôle d’un policier régional. On se rappellerait le compromis irano-américain sur le nucléaire de l’ancien pays du Shah. On n’oublierait ni la déstabilisation minutieusement orchestrée du Liban ni le conflit en Ukraine. Ni d’autres situations encore, jusqu’à la décompression des relations américano-cubaines.

Entre-temps, il y a des citoyens du monde qui continuent de se poser la question toute bête en apparence, mais toute d’un intérêt personnel en profondeur : « Mais, à la fin, cette Troisième Guerre Mondiale, elle aura lieu ou non ? »

Quelle naïveté de ne pas comprendre encore que cette guerre-là est en cours depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, mais qu’elle est autrement entendue, autrement conduite, autrement répartie, en fonction des rapports des forces et des intérêts de ceux qui les commandent. Quand on l’a compris, on peut se dire, dans un stoïcisme caractérisé : Poutine et Obama peuvent se réunir en privé aussi longtemps qu’ils le voudront, il n’en sortira que de la littérature.

Article publié par tunivisions.net


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