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Lectures : Et si la crise du Nidaa était une manigance étrangère ?


Par Mansour M’henni

Nous sommes encore dans la mouvance de la crise qui sévit à Nidaa Tounès, même ceux qui prétendent le contraire, bien que nous soyons convaincus, pour la plupart, que quelle que soit son issue, cette crise ne changera rien à la donne, dans l’immédiat.

Nous avons développé, analysé et conjecturé, chacun à sa façon, en sortant l’argument de l’assemblage des dissemblables, celui de l’alliance des inconciliables, celui de la succession familiale, celui de la volonté de puissance et de la corruption comme conséquence du pouvoir, etc. Mais nous n’avons pas assez évoqué l’influence, voire la manigance, qui aurait sa commande à l’étranger, dans des pays directement impliqués dans la distribution des cartes de la géostratégie régionale et internationale.

Pourtant, des soupçons, voire même des éléments inéludables pour certains, laissent croire, avec une large marge de crédibilité, que la crise du Nidaa est la partie visible de l’impact intéressé et calculé de forces extérieures à nos frontières. L’enjeu ? L’éternel, le classique : celui de la maîtrise du monde ou au moins de la participation déterminante au rapport des forces qui gère son fonctionnement, ses richesses et leur exploitation. En clair, pour la Tunisie, c’est d’abord la dichotomie de l’islamisme et de la démocratie.

Il est inutile de revenir ici aux relations de répulsion et d’attraction qui les commandent, au gré de certains policiers du monde ou d’autres gendarmes des régions. Pour le cas d’espèce, celui de la Tunisie, les commentateurs les plus audacieux n’hésitent pas à mettre en scène le duel Américano-européen, avec d’un côté, le clan des USA qui rime avec la CIA, et celui de l’Union Européenne subrepticement conduite par la Chancellerie allemande, appuyée d’un côté sur la France, de l’autre sur l’Algérie et peut-être même une Turquie dont le pouvoir a fini par reprendre les rênes en main par un coup d’élections spectaculaires dont le modèle est désormais classique.

Dans la perspective de ce duel, Mohsen Marzouk serait le cheval sur lequel aurait misé (miserait encore ?) l’Amérique et dont on semble annoncer le dernier quart d’heure au-devant de la scène politique nationale. Il serait jugé trop pressé, peu stratège et quelque peu arrogant. Quant à Hafedh Caïd Essebsi, il serait le cheval de la proximité géographique, celui de l’Europe et de sa politique de réconciliation, à tous les niveaux et sur tous les plans. Toutefois, certains « spécialistes » insistent qu’il ne constitue qu’un dérivatif des enjeux politiques tels qu’envisagés de l’étranger pour la Tunisie. En a-t-il conscience, lui et/ou son père ? Là est la question. Le Plus important dans ce scénario, c’est que les deux clans convoitent, de façon inégale, deux tendances politiques jugées incontournables : les islamistes d’Ennahdha et les destouriens.

C’est dire que, ni l’Amérique ni l’Europe, chacune avec ses agents dans la région et particulièrement dans les pays ciblés, ne sont prêtes à lâcher l’islamisme politique ; tout au plus chercherait-on à l’émonder au gré d’une apparence politique apparentée à la structure civile de la société. Sans doute les deux clans s’appliquent-ils à tirer la leçon de 1987, dont la transition a été gérée autour d’un projet personnalisé de la démocratie. Ils essaieraient alors de monter un projet de démocratie sociétale ; mais ils nous paraissent le gérer de la façon qui conduirait inéluctablement à sa ruine, car sur le fond, c’est les mêmes mécanismes qu’ils remettent en marche, avec des masques différents.

Dans la logique des devins, Marzouk et Morjane (les deux n’étant pas à mettre au même niveau de la diplomatie) oeuvreraient pour la cause de l’Oncle Sam, pendant que Caïed Essebsi conduirait le projet pro-européen en attendant les données à venir. Chaque clan essayant de trouver la meilleure façon d’élargir sa zone d’influence.

Reste Mehdi Jomaa, le précédent chef du Gouvernement, présenté comme le poulain de l’Allemagne, donc dans le clan des Européanistes : cet homme qui compte à son acquis un savoir être et un savoir paraître et dont la jeunesse ne rime pas avec la frivolité, préparerait, comme nous l’avions annoncé au début de 2014, un avenir politique à la mesure de son ambition, de celle de ses parrains, sans doute aussi de ses compétences. Quant au charisme politique censé compléter le portrait, il en a acquis une bonne part dans l’exercice gouvernemental, il en acquerrait encore dans le « Think Thunk » qu’il entend lancer comme une plateforme d’analyse et de proposition, aujourd’hui, comme l’assise politique, demain, d’un grand parti qui n’aura pas commis l’erreur impardonnable de Nidaa Tounès, celle de démarrer sans projet cohérent, et qui se substituerait facilement à lui.

Fiction ou réalité ? L’avenir le dira !

(Article publié sur jawharafm.net)


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