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Hommage de Sonia Chamkhi à feu Youssef Ben Youssef


Si Youssef, l’astre de notre cinéma c’est toi
Dans son ouvrage, Lumière sur lumière ou l’Islam créateur, Salah Stétié écrivait que dans l’âme humaine une dimension singulière nous est jardin. Et je me souviens que dans l’un des films de Naceur Khémir, je crois qu’il s’agit des Baliseurs du Désert, le jardin était de lumière, débris de miroirs qui reflétaient des éclats éblouissants de clarté et de beauté quasiment indicible.
Je ne sais pas Si Youssef, moi qui t’aime tant et qui t’ai fréquenté trop peu pour être rassasiée de ta magnifique présence, si tu te voyais comme un homme du désert.
Car moi, j’ai gardé de la mémoire de mes ancêtres des steppes arides, le sentiment inaltérable que les jardins sont une terre de promesse, une récompense, au delà de la vie et de la mort, aux déshérités ontologiques des jardins.
Alors comment te dire ma reconnaissance et ma gratitude, à toi, qui peins des jardins de lumière ?
Je les vois encore, alors que Alia court ou joue du luth dans Les Silences du Palais et je m’en souviens comme aujourd’hui dans ce travelling au ralenti dans mon court métrage W’ra El Blayek.
Je ne cite que ces réminiscences car elles m’habitent au quotidien de la même manière que nous habitent la voix de nos mères et l’appel de l’ailleurs.
Je n’ose pas rendre hommage à ton art Si Youssef, il me dépasse. Je me contente, en présence de ton épouse, de ta famille, de tes amis et des présents qui t’aiment, de rendre hommage à l’homme exceptionnel que j’ai eu la chance de connaître.
Je n’oubli pas notre première rencontre. Tu avais lu mon scénario et accepté de le mettre en images. Je me suis assise face à toi. J’étais impressionnée par le chef opérateur de L’Hommes de Cendres, des Sabots en Or, de Elleil, de ces films merveilleux que j’ai aimé jusqu’à désirer faire du cinéma. Je te connaissais de nom, j’aurai juré à l’époque que je pouvais reconnaître n’importe quel plan que tu aurais signé mais je ne savais pas à quoi tu ressemblais physiquement. Dans ce court rendez vous sur une terrasse de l’avenue, j’ai su d’emblée que notre lien sera inaltérable. Tu es beau si Youssef et la lumière bleue de tes yeux est inégalable.
Ennass ma3aden wa min kol m3aden Ness. Tu es or et cristal et tu élèves et anoblis tout ce que tu touches et tout ce qui te côtoie ou t’approche : les objets, les paysages et les êtres.
Il en va ainsi de la grandeur : elle est généreuse et elle irradie, comme les jardins de lumière, dans ses alentours et peut-être même au delà. Oui ta lumière voyage et je n’en doute pas, quelque part elle éclairera encore et toujours, des gens, un tas de gens, qui verront la grâce dans l’âme de tes images.
Tu as pris congé dans une forme de retrait et même d’effacement mais le cinéma tunisien te doit ce que le jour doit au soleil dans sa lointaine galaxie.
Tu es parti si Youssef, comme une étoile filante et tu nous as laissé à nous mais aussi aux générations futures des films sublimés par ta force et ta délicatesse, ton talent, ton génie et ta discrétion. Tu le sais n’est-ce pas, cette lumière est vitale pour nous autres, nous autres parfois si amoindris par les aléas de la vie quand la lune n’éclaire plus la nuit.
Repose en paix Si Youssef, je ne t’oublierai jamais.

Sonia Chamkhi


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