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Chronique : Béji Caïd Essebsi ou l’art du nettoyage avant le maquillage


Après le vote de confiance, vendredi 26 août 2016, et la prestation du serment, le lendemain même, devant le président de la République, le gouvernement de Youssef Chahed sera lundi sur la ligne de départ avec la passation entre les membres du gouvernement sortant et ceux du gouvernement entrant. Ce dernier s’engage certes avec autant de voix favorables que le premier, à son entrée, soit 167 voix (76,9 %). Tout juste une légère variation sur le nombre des abstentions (5 cette fois contre les 8 de l’autre fois) et celui des voix contre (22 cette fois contre 30 l’autre fois), ce qui laisse voir onze députés absents de plus que l’autre fois où il n’y a eu que 12 absents.

Ces calculs laisseraient croire que la plateforme politique du gouvernement est toujours la même et que le paysage politique tunisien n’a pas changé depuis voilà une année et demie. D’un certain point de vue cela est peut-être vrai, mais cette perception des choses cacherait un fait important, celui de la grande intelligence politique du président de la République Béji Caïd Essebsi. D’aucuns diraient : « de connivence avec Rached Ghannouchi », que cela importerait peu devant l’essentiel réalisé.

Conscient de la fragilité de l’engagement politique désintéressé de certains élus dans plusieurs partis, donc de leur empressement à se faire valoir du prestige d’un poste dans le gouvernement, le président de la République a réussi, avec ou sans appui, à faire du premier gouvernement, celui de H. Essid, le tamis permettant de nettoyer l’Assemblée des Représentants du peuple des membres qui s’avèreraient « excessivement opportunistes et mauvais calculateurs ». Ce serait l’art, en politique, de faire élire les rhéteurs et les manipulateurs pour les faire remplacer par ceux que ces derniers avaient poussés au second ou au troisième rang, sinon plus loin encore.

Quand on voit par ailleurs tous ceux que les différents scrutins ont écartés par les élections démocratiques, on voit bien que petit à petit, la combinaison de l’intelligence politique et de la démocratie peuvent réguler une scène politique trop encombrée par des partis qui ne sont que des carnets d’adresse, par de prétendus leaders politiques qui sont incapables de se guider ou de se conduire eux-mêmes, et par de semblants de militants, dans des partis plus ou moins importants, réussissant à peine à assurer leur rôle de figurants, dans l’attente de quelques miettes d’un gâteau difficile à partager.

C’est au terme de cette démarche souterraine, comme un plat cuit à petit feu, dans la marmite malléable de la constitution, que Béji Caïd Essebsi a réussi son coup du gouvernement « d’union nationale ». Un façon de faire le nettoyage avant le maquillage (plus au sens esthétique ici qu’au sens politique), ou de faire le déblaiement avant de commencer le bâtiment. M. Jaziri peut déclarer alors que l’idée venait d’Ennahdha et que le Président a juste eu l’opportunité de la réaliser. C’est là un autre débat qui n’est ni de notre propos ni de circonstance.

L’essentiel est que ce gouvernement d’union nationale est bien en place, avec l’appui d’une majorité politique très confortable, même si cette majorité souligne son droit de réserve, au moindre manquement à l’accord de base. Il a pour lui la fraîcheur intellectuelle de son chef et la jeunesse volontaire d’un bon nombre de ses membres, pour pallier le manque d’expérience de certains d’entre eux. S’il manifeste sa solidarité d’ensemble et la cohérence de sa vision et de sa démarche, il aura de son côté l’action citoyenne et la responsabilité civile. Sans doute aussi le soutien des « amis » de la Tunisie et les chantres d’une certaine idée de la révolution dans les pays du Sud.

Oui, cet appui peut lui venir des médias aussi, tant leur rôle est important, mais sur une base éthique bien entendue entre le secteur et le gouvernement, dans une complémentarité pour l’intérêt commun qui ne nuit pas aux droits de chacun. Les responsables trop susceptibles et trop narcissiques sont prévenus ; les autres sont des amis dans l’engagement commun pour l’intérêt de la Mère-Patrie.

Mansour M’henni (in tunivisions.net)


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