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Expo : De l’éther de S. Ben Ameur et des couleurs de sa mélodie


Par Mansour M’henni

Sans doute est-ce sous le signe de l’évanescence qu’on pourrait inscrire l’exposition de Sami Ben Ameur dont le vernissage a eu lieu samedi 10 mars 2018 à la galerie Kalysté (La Soukra) et qui se poursuivra jusqu’au 30 mars.

Il est vrai que l’exposition a pour titre « Ether et mélodie », mais je le doublerais volontiers d’un sous-titre « Evanescence » et cela n’est pas dû au seul fait que ce mot désigne dix des 28 œuvres exposées, numérotées de 1 à 10. En effet, le paradigme de l’évanescence est manifeste dans les traits, les formes et les couleurs des travaux donnés à voir, à méditer et… à écouter !

D’abord les dix travaux nommés « évanescence » sont pour la plupart porteurs de couleurs qui semblent chercher à communiquer, derrière le perceptible, le sens de son contraire, dans une sorte de mystérieuse combinaison de métissage où l’être est inséparable du non-être, le clair est à la même face que le sombre et le vif est jumelé au terne dans une binaire singularité. Il en est ainsi des formes aussi. Celles-ci, dans leur « évanescence qui est la qualité essentielle de l’improvisation » selon Georges Migot, configurent l’abstraction et même la surréalité, mais toujours avec ce fil jamais perdu qui relie la mémoire à la silhouette du réel, tel un texte prenant un somme sur un parchemin oublié.

Le mot est lancé, « l’improvisation » ! Ainsi se justifierait le choix de l’acrylique par l’artiste, sur toile, sur bois ou sur papier Arche. C’est la technique qui va le mieux avec la spontanéité et cette dernière est déversée sur les peintures de Sami Ben Ameur comme un élan fébrile suspendu à un instant « d’imminence, d’instabilité toujours prochaine », selon les termes de Valéry. Peut-être est-ce là l’expression de l’immanence de l’art qui vient marquer cette nouvelle expérience que Sami Ben Ameur chercherait à pousser jusqu’à la dernière molécule de son souffle créateur, (« évanescence » oblige), avec l’illusion ou la folle conviction que l’éternité pourrait surgir au bout de l’éphémère.

« L’importante expérience de l’improvisation m’a donné de la tripe, dit Sami Ben Ameur, et j’ai bouillonné d’un nouveau souffle de créativité qui a débouché sur ces ʺsources lumineusesʺ (du nom d’un des tableaux exposés) ». Sources lumineuses certes, avec une semi-lumière qui est aussi une semi-obscurité. Mais sources sonores aussi, « vibratoires et légères » émanant (« Montée », « Résonance », « Ascension ») « Vaporeusement des Profondeurs Denses et Fluides », comme des « Vagues d’azur » au « Rythme » (ternaire ?), « Léger » et « Immatériel », qui est la « Résonance » « Polyphonique » d’un « Songe » « Giratoire » (Le lecteur a sûrement compris la raison des majuscules).

Par ailleurs, certaines formes flottant en masse dans l’espace des tableaux actualiseraient des lettres d’un alphabet mixte. C’est à se poser la question : texture ou tissage (« Tissé ») ? Les deux sans doute : un tissage qui se souviendrait de l’artisanat, pourquoi pas, mais texture surtout des harmonieuses « Correspondances » telles rythmées par Charles Baudelaire dans son poème du même nom :

« Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »

Serions-nous dans une nouvelle mouture, en art multiple, des «Fleurs du mal », fleurs aspirant à l’ascension vers des éthers sublimes, mais pensant lourdement du poids d’un Mal qui les tire vers la profondeur de l’abîme ?

Je crois lire cependant, dans « Rythme » et « Densité », comme l’émergence d’une vie fœtale, pour le premier tableau, et, pour le second, comme un champ riche des fruits et des épis de semailles de couleurs, brillant du feu qui les fait être entre un ocre rouge qui les nourrit par les racines et le même ocre qui les couvre comme un ciel de terre !

Il y a énigme sous couleurs, c’est à s’y attarder encore.

 


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