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120 battements

Cinéma : L’anticipation d’un média français sur les oscars de Cannes 2018


De l’avis de notre confrère L’OBS, les films « 120 Battements par minute » et « Au revoir là-haut » se disputeront l’oscar du meilleur film, en cette session de mai 2018 du Festival de Cannes.

Dans l’attente des consécrations effectives, le confrère s’est livré au jeu des pronostics en choisissant, les sept ou cinq nominés de chaque catégorie et en en sélectionnant le titre ou le nom qui lui paraît le plus méritoire du titre. Un pronostic intéressant à examiner avant et après la proclamation des résultats (NDR : Les textes de justification sont rédigés par les journalistes Par Sophie Grassin et Guillaume Loison) :

 

Meilleur film : « 120 Battements par minute »

« 120 Battements par minute » ou la course contre la montre d’une génération fauchée par le sida : celle de Robin Campillo. Apprentissage par les membres d’Act Up de la démocratie en AG, opérations coups de poing, scènes de sexe, de clubbing et de deuils, portrait de groupe… Le plus émouvant de ce film-fleuve ? Sa propension à atteindre des cimes émotionnelles et ses personnages (incarnés par une Kyrielle de comédiens formidables) qui font corps contre la maladie.

Les 7 nominés : « 120 Battements par minute » (Robin Campillo) / « Au revoir là-haut » (Albert Dupontel) / « Barbara » (Mathieu Amalric) / « Le Brio » (Yvan Attal) / « Patients » (Grand Corps Malade et Mehdi Idir) / « Petit Paysan » (Hubert Charuel) / « Le Sens de la fête » (Eric Toledano et Olivier Nakache).

 

Meilleure réalisation : Robin Campillo

Comment dégager un meilleur réalisateur parmi six profils si différents ? L’équation est vieille comme les César. Optons pour le film ayant le plus d’ampleur (« 120 Battements par minute »), par sa manière d’embrasser dans le même geste la petite et la grande histoire, un défi de mise en scène un chouia plus élevé que ses concurrents. Robin Campillo fait preuve d’une sensibilité évidente lorsqu’il s’agit de filmer l’intime (les confidences sur l’oreiller des amants Sean et Nathan), d’un souffle épique quand l’humeur collective monte et d’un sens de l’image poétique pour nourrir les rêves viciés de ses héros (la Seine en sang).

Les 7 nominés : Albert Dupontel (« Au revoir là-haut ») / Mathieu Amalric (« Barbara ») / Julia Ducournau (« Grave ») / Robin Campillo (« 120 Battements par minute ») / Hubert Charuel (« Petit Paysan ») / Michel Hazanavicius (« le Redoutable ») / Eric Toledano et Olivier Nakache (« le Sens de la fête »)

 

Meilleure actrice : Jeanne Balibar

Dans cette mise en abyme où un réalisateur un peu nouille (Amalric) entreprend de tourner un film sur « la longue dame brune », Jeanne Balibar entre en résonance avec Barbara sans jamais l’imiter. Où sont le vrai, le faux ? Il y avait une évidence à voir la comédienne se glisser dans le rôle le plus casse-gueule de sa carrière. Elle s’y montre d’une intelligence qui la hisse au niveau des très grandes, Delphine Seyrig en tête.

Les 7 nominées : Jeanne Balibar (« Barbara ») / Juliette Binoche (« Un beau soleil intérieur ») / Emmanuelle Devos (« Numéro une ») / Marina Foïs (« l’Atelier ») / Charlotte Gainsbourg (« la Promesse de l’aube ») / Doria Tillier (« Monsieur & Madame Adelman ») / Karin Viard (« Jalouse »)

 

Meilleur acteur : Swann Arlaud

Swann Arlaud explose enfin dans le rôle de Pierre, éleveur obsessionnel de 30 laitières menacées par une épidémie du type vache folle. Et dans ce premier long-métrage qui bascule sans crier gare du drame naturaliste au thriller. Regard habité, traits fiévreux, ce jeune acteur vu chez Elie Wajeman, Clément Cogitore et Stéphane Brizé gagne la partie dès la première scène : un cauchemar où il doit se forcer un chemin entre ses bêtes adorées. Un résumé de ce qu’Hubert Charuel lui avait glissé avant le tournage : « Le film, c’est toi + les vaches. »

Les 7 nominés : Swann Arlaud (« Petit Paysan ») / Daniel Auteuil (« le Brio ») / Jean-Pierre Bacri (« le Sens de la fête ») / Guillaume Canet (« Rock’n roll ») / Albert Dupontel (« Au revoir là-haut ») / Louis Garrel (« le Redoutable ») / Reda Kateb (« Django »

 

Meilleur premier film : « Grave »

On croise grave les doigts pour « Grave », de Julia Ducournau (dont « Barbe-bleue » était le conte favori), qui parvient à mixer drame, film de genre et teen-movie. A travers le récit d’apprentissage d’une étudiante végétarienne en école vétérinaire (Garance Marillier) appelée à se métamorphoser en cannibale à la suite d’un bizutage, la réalisatrice convoque Sade, Francis Bacon ou David Cronenberg. Et double encore son récit – lié aux rituels d’incorporation – d’une réflexion sociale sur l’individu dévoré par le groupe.

Les 5 nominés : « Grave » (Julia Ducournau) / « Jeune Femme » (Léonor Serraille) / « Monsieur & Madame Adelman » (Nicolas Bedos) / « Patients » (Grand Corps Malade et Mehdi Idir) / « Petit Paysan » (Hubert Charuel)

 

Meilleur espoir féminin : Laetitia Dosch

Avec son art du transformisme, son sens du burlesque et la singularité folle d’un visage modelable aux multiples rictus, le suspense ici n’est pas vraiment insoutenable : Laetitia Dosch irradie chaque plan de « Jeune Femme », dérive sociale et affective (mais drôle quand même) d’une trentenaire parisienne très applaudie à Cannes (où le film a reçu la Caméra d’or et une salve de critiques extatiques). La concurrence a beau être relevée – n’est-ce pas, Iris Bry, des « Gardiennes », et surtout Garance Marillier, de « Grave » ? -, on voit mal comment cette Franco-Suisse passée par le Conservatoire de Lausanne puis chez Justine Triet (« la Bataille de Solférino ») pourrait ne pas aimanter un César.

Les 5 nominées : Iris Bry (« les Gardiennes ») / Laetitia Dosch (« Jeune Femme ») / Eye Haïdara (« le Sens de la fête ») / Camélia Jordana (« le Brio ») / Garance Marillier (« Grave »

 

Meilleur espoir masculin : Nahuel Pérez Biscayart

Si « 120 Battements par minute » a électrisé la majorité d’entre nous, c’est en partie grâce à l’émotion véhiculée par Sean, alias Nahuel Pérez Biscayart, le gars qui bondit de joie, de colère et de douleur sur l’affiche. De son corps gringalet, crépitant de vitalité, à son débit à la fois très doux et très vif, tout en lui dégage l’âpreté du combat et l’insolence d’une jeunesse cisaillée par la maladie et le cynisme des laboratoires supposés la combattre. Sean est un paradoxe humain sur pattes, et Biscayart a l’étoffe d’un little big man.

Les 5 nominés : Benjamin Lavernhe (« le Sens de la fête ») / Finnegan Oldfield (« Marvin ou la belle éducation ») / Pablo Pauly (« Patients ») / Nahuel Pérez Biscayart (« 120 Battements par minute ») / Arnaud Valois (« 120 Battements par minute »)

 

Meilleur film étranger : « Faute d’amour »

« La La land » ? Bon film mais sorti il y a trop longtemps. Tout comme « Noces » : trop tard. « Dunkerque » ? Un blockbuster peu César compatible. « The Square », la palme d’or qui a fait pschitt ? Niet. « L’Echange des princesses » ? Un film français déguisé en étranger. Reste « Faute d’amour » : polar social russe hyper-sombre, bourré d’images chocs et à la mise en scène implacable – Andreï Zviaguintsev, qui a déjà tourné « Leviathan », est un spécialiste de la descente aux enfers. Celui-ci pourrait coller.

Les 7 nominés : « Le Caire confidentiel » (Tarik Saleh) / « Dunkerque » (Christopher Nolan) / « L’Echange des princesses » (Marc Dugain) / « Faute d’amour » (Andreï Zviaguintsev) / « La La Land » (Damien Chazelle) / « Noces » (Stephan Streker) / « The Square » (Ruben Östlund)

S.R.

 


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