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Chronique : X° anniversaire du décès de Khatibi, une belle commémoration


conf-khat-rabat Par Mansour M’henni

Quatre établissements universitaires marocains se sont regroupés pour commémorer ensemble le dixième anniversaire de la « disparition » du grand écrivain et penseur Abdelkébir Khatibi, par un colloque itinérant commençant à El Jadida, la ville natale du défunt, transitant par Rabat, la Capitale, et finissant à Kénitra dont l’Université Ibn Tofaïl lui voue une amitié et une admiration particulières.

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Les maîtres d’œuvre de cette noble initiative sont l’Association des Doukkala, l’Université Chouaïb Doukkali (Laboratoire LERIC-URAC 57), l’Université Mohamed V de Rabat (Laboratoire LLAC), l’Université Ibn Toufaïl de Kénitra (Laboratoire DiLiLarTice) et l’Ecole de Gouvernance et d’Economie, EGE. Rabat. Ils ont réussi la gageure, et cela de l’avis de tous les participants et les présents. En effet, d’abord ils ont montré que la collaboration universitaire peut réunir les bonnes volontés autour d’actions constructives animées par les valeurs supérieures de l’éthique sociale et de la déontologie professionnelle. Ensuite, ils ont rendu l’hommage qu’il fallait à une éminente figure de la pensée et de la littérature maghrébine, qui a rayonné sur le plan international et qui reste encore en friche pour toute exploration future. Ils ont enfin donné à la commémoration d’une disparition le goût de la vie et la saveur du bonheur en créant une ambiance festive autour de la manifestation, de façon à rapprocher les cœurs et les humeurs (sauf ceux aux cœurs aveugles), en droite ligne de la pensée khatibienne centrée sur l’idée de l’aimance.

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Ce qu’il importe de souligner à propos de cette manifestation, ce sont certaines décisions prises à l’occasion. Lors de la séance officielle d’ouverture, le Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche a annoncé l’intention de son ministère de se pencher sur un travail de mise en valeur des personnalités intellectuelles, littéraires et artistiques du pays, par des actions variées et ciblées à même de prolonger l’impact de leur patrimoine dans l’affect et dans l’intellect des jeunes. Il a annoncé un accord conclu avec la municipalité de la ville pour donner le nom de Khatibi à une rue importante d’El Jadida.

De son côté, Madame Amina Khatibi, la veuve de l’écrivain-penseur, a annoncé la création de la Fondation Khatibi, avec un comité d’honneur de personnalités internationales et un comité directeur de chercheurs engagés à travailler la mémoire du défunt en répertoriant son patrimoine, en rééditant ses textes, en créant un cadre de recherche, de pensée et de publication autour de son œuvre et de sa pensée.

Au-delà de cet événement dans lequel j’ai été invité à participer à la table ronde de l’EGE et à donner une conférence plénière intitulée « Aujourd’hui Khatibi : l’intellectuel maghrébiniste de l’avenir », je voudrais souligner l’intérêt que nous aurions, dans tout le Maghreb et même dans un contexte géographique plus large, allant vers l’universel, à continuer de penser avec khatibi, à travers son œuvre, sur les voies conduisant à un avenir meilleur et édifiant un vivre-ensemble à la hauteur des espoirs d’une humanité digne et respectueuse, une humanité de l’Aimance que nous lègue Khatibi comme un précieux héritage.

« Je te convie à la splendeur de l’Aimance », dit Khatibi à qui veut l’écouter ! Ecoutons donc ce qu’il nous nous dit à propos de ce Maghreb qui tarde à être, même si nous l’avons vu naître : « Le Maghreb n’est ni une utopie ni un désastre, mais une chance pour ses peuples. Tout milite pour le regroupement régional : l’économie, la société civile, les nouvelles menaces, avec, du côté américain, la volonté de conquête et de maîtrise de nouveaux territoires et de leur recomposition.

Au-delà du désastre, c’est la volonté de penser et d’agir qui compte maintenant. Depuis une génération, nous assistons à un jeu d’ombres maghrébin. Il est temps de regarder en face le voisin, de dialoguer, de l’accepter comme tel, c’est-à-dire comme une heureuse fatalité façonnée par de longs siècles d’histoire, de culture, de religion. Que craint-on au fond, dans l’enceinte du pouvoir, par rapport à l’ouverture des frontières entre, par exemple, l’Algérie et le Maroc ? On connaît les réponses de l’autocratie, de la dictature et du populisme religieux. Les peuples sont pris en otage. Pour combien de temps encore ? Alors que les nouvelles sociétés civiles bougent et réclament leurs droits, leur espace de vie, leur volonté de modernité. Laquelle consiste, disent les sociologues, en l’invention du futur. »

 

Pensons à faire revivre Khatibi dans tout le Maghreb et hors de ses frontières, car on n’arrêtera pas de lire son œuvre pour y puiser les amers du renouveau et les repères de la société de l’aimance, la société de conversation.

 

(Publié aussi sur jawharafm.net)


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