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Chronique : Une démocratie de la société plutôt qu’une démocratie illusoire du pouvoir


Par Mansour M’henni

 

A l’avant-scène du spectacle sociopolitique et médiatique aujourd’hui, il y a évidemment les événements contestataires différemment jugés et inégalement évalués. L’objectif déclaré est de faire obstacle à la Loi des finances de 2018 et à l’augmentation du coût de la vie qui en a découlé, au détriment des citoyens de conditions précaires et même moyennes. Cependant, des indicateurs concordants laissent supposer que l’enjeu central est tout autre et qu’il est politico-politique prenant appui sur des malentendus provoqués pour mettre à mal le pouvoir en place.

Ainsi, d’aucuns, peu nombreux, essentiellement des acteurs politiques désignés, chercheraient à faire valoir ces contestations comme les prémices d’un réveil révolutionnaire venu racheter l’avortement d’un printemps sans germinal. D’autres, au contraire, y sentent un complot pernicieusement ourdi par des politicards de piètres besognes, complices des arnaqueurs et des corrompus, tous mobilisés pour fragiliser un gouvernement qui, malgré vents et marées, s’applique à redresser la barre et à remettre la barque sur la voie du développement.

Quant à la foule immense des citoyens, toutes catégories confondues, elle est tellement mal à l’aise dans son espoir brimé et dans sa déception stressante qu’elle en viendrait à se détourner totalement de la politique et à bannir les démocrates et la démocratie. La belle affaire, alors ! Faire du pays un simple ring entre les politiciens et se laisser conduire à la merci des rapports des forces qu’ils mettent à l’œuvre pour se cogner les uns les autres à qui mieux mieux ? Ce serait condamner le pays à une caricature farcesque de la démocratie, pire que tous les régimes autoritaires longuement dénigrés au nom d’une éthique dont on ne semble pas faire grand cas dans la pratique politique supposée nous assurer la transition démocratique tant souhaitée !

Sans entrer dans les détails des suspicions et des accusations échangées entre nos politiciens, il nous importe de conduire des observations et des réflexions sur lesquelles nous voudrions attirer l’attention de nos concitoyens en vue d’une conversation partagée, de façon sereine et rationnelle, dans tous les lieux publics et privés qui s’y prêteraient et par tous les vecteurs d’intercommunication disponibles. Peut-être pourrions-nous alors ranimer autant que nécessaire la vivacité et la dynamique d’une conscience citoyenne capable de prendre la distance qui se doit à l’égard des simagrées et des manipulations strictement politiques pour repenser l’intérêt public dans le sens d’une démocratie de la société et non d’une démocratie illusoire du pouvoir.

La dite crise actuelle, qui ne nous semble pas en être une, laisse voir on ne peut plus clairement la défaillance de la structuration partisane de la scène politique tunisienne. En effet tout semble avoir été fait, par des textes de l’après 14 janvier 2011 et enfin par certains articles de la constitution de 2014, pour handicaper toute initiative de redressement de la situation socioéconomique et de remise en marche de la machine du développement intégral. Et cela au profit d’une prétendue démocratisation de la vie politique dont on voit de plus en plus les limites et même certains effets pervers.

De fait donc, il y aurait certes à revoir certains textes dans le sens d’une vraie régulation des pouvoirs et des implications. Mais il y aurait surtout la nécessité, pour la masse citoyenne la plus large, d’imposer sur le terrain, au concret, une distribution effective à la juste mesure de la spécificité effective des programmes respectifs des partis et de remplacer la boulimie partisane par une action civile, associative surtout, déchargée de toute action mise au service des courses et des combats strictement politiques.

Cependant, grâce justement à une telle vision de l’action associative et surtout à une conscience citoyenne alerte et responsable, il y aurait à instaurer l’autorité d’une éthique patriotique et humaniste qui mettrait en quarantaine toute connivence avec des parrains de la corruption, compatriotes ou étrangers, et qui poursuivrait en justice – devant un appareil judiciaire strictement immunisé juridiquement et moralement – toute nuisance à l’intérêt de l’Etat et du citoyen.


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