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Chronique : Un complot majeur sous des délits (de) mineurs


Par Mansour M’henni

Les incendies qui se sont succédé dernièrement dans des établissements scolaires, surtout dans des dortoirs, particulièrement ceux des filles, se ressemblent tous quant à leur intention profonde, malgré les différences formelles qu’on peut leur trouver. Certes, la tendance générale, telle qu’elle est officiellement médiatisée (sans doute dans l’attente des preuves judiciaires), tire plus vers le fait divers, mais la conscience citoyenne ne peut pas, et ne doit pas même, manquer de centrer son approche sur l’effet divers de ces délits qui s’avèreraient des crimes caractérisés.

La délimitation géographique de ces faits suscite un soupçon pouvant s’avérer comme un début de preuve, en tout cas comme une indication plausible permettant de pointer du doigt une stratégie d’action qui n’est pas sans rapport avec le terrorisme ni avec toute pensée réactionnaire et fanatique visant à dénaturer la société tunisienne. Le tout pris en compte, il n’est pas difficile de conclure que le principal objectif est d’atteindre la politique civilisatrice de l’éducation des filles et de la sauvegarde et la consolidation de leurs droits à l’émancipation, à l’équité et à la participation responsable.

On découvrira peut-être que ce sont des jeunes, mineurs même, qui seraient directement impliqués dans le déclenchement de ces violences hautement préjudiciables non seulement aux jeunes élèves, mais aussi et surtout à la confiance qui devrait régner entre l’institution éducative et la famille tunisienne, et de ce fait à la sécurité des citoyens et à la cohésion de la société. Cependant, il faut bien prendre la précaution de ne pas aller trop vite en besogne dans la délimitation des responsabilités au niveau de ces jeunes car, depuis quelques années, nous avons eu la preuve que certains actes commis par « de prétendus délinquants » ne sont en fait que l’arbre cachant la forêt de commanditaires hautement organisés dans des réseaux de corruption, de terrorisme, de fanatisme (de tous genres) et même de partis politiques.

Il serait sans doute prématuré de se prononcer sur l’aboutissement des enquêtes administratives et judiciaires penchées sur ces méfaits. Le seul espoir est de voir les chargés de l’enquête et ceux qui prendront les dossiers après eux aller jusqu’au bout de la vérité pour en informer les citoyens, sans peur ni complaisance aucunes, la responsabilité étant de prime importance et le défit d’une dimension existentielle pour la société tunisienne.

Peut-on oublier que, de quelque point de vue rationnel, humaniste et progressiste démocrate qu’on se situe, on ne saurait minimiser l’importance fondatrice de la pensée réformiste en Tunisie et de sa concrétise politique et sociétale par les réalisations bourguibiennes, indépendamment des opinions politiques, légitiment variées et même divergentes, sur le rapport de Bourguiba au projet de société démocratique tel que perçu par ses opposants d’hier et d’aujourd’hui.

Que l’on ne s’y trompe point : « le projet de Bourguiba », ainsi baptisé mais largement partagé par la société politique et la communauté citoyenne,  était essentiellement social et civil. C’est pourquoi il a anticipé le Code du Statut personnel pour replacer la femme au centre du dire et du faire en société. Il a institué la République contre toute monarchie ou oligarchie, et lui a garanti les institutions constitutionnelles requises. Il a mis en place une politique de gratuité et de généralisation de l’éducation et de la santé pour œuvrer à concrétiser à la fois le droit de chacun à la dignité et à l’ascenseur social, ainsi que la devise de l’esprit sain dans un corps sain. Il a sans doute manqué à cette politique de base son complément politique, celui des libertés individuelles et publiques ; il conviendrait d’en étudier objectivement les effets et les causes en vue d’en tirer les meilleurs enseignements pour l’avenir ; mais en aucun cas il ne serait permis à quiconque de remettre en question cette configuration authentique de la société tunisienne.

De fait, l’opposition farouche et concluante en 2013 à la première version de « la constitution de la 2° république » est la preuve que la société tunisienne est dotée des convictions et des moyens intrinsèques d’auto-défense et de résistance à toute entreprise visant sa dénaturation. Il lui faudrait juste les conditions da sa mobilisation. Or les actes violents – incendiaires – commis contre les établissements scolaires pourraient s’inscrire en droite ligne de tout ce qui a été refusé en 2013 et constituer ainsi de nouvelles conditions pour une vigilance alerte et une mobilisation solide et solidaire.


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