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Chronique : Un citoyen sans conscience, c’est la ruine d’un pays


Portrait-M.-Mhenni-006 Par Mansour M’henni

 

La campagne électorale pour la présidentielle du 15 septembre 2019 est bien parti à l’heure et au jour annoncés, même si de façon inégale entre les différents concurrents. Il faut dire aussi que dans les médias et sur les réseaux sociaux, elle est partie bien avant cette date.

La première impression qu’on a, c’est l’état de confusion où se trouve une grande partie de la population au point de voir certains citoyens perdre leur enthousiasme et songer à ne pas voter. Ce serait malheureux et osons croire que, d’ici le jour des urnes, la totalité des votants, sinon leur écrasante majorité, se déplacera pour l’accomplissement d’un droit citoyen qui vaut pour un devoir.

N’empêche que la désillusion de ces concitoyens se comprend au vu de certains dérapages nuisant à un processus de transition démocratique qui est notre grande chance et notre principal défi. Malheureusement, ces écarts de conduite viennent souvent des candidats eux-mêmes et mobilisent autour d’eux des agents de propagande s’entêtant à faire passer pour vraies toutes les contrevérités et à revêtir leur candidat de l’accoutrement d’une perfection digne des anciens prophètes. Il faut reconnaître que pour les professionnels et les inconditionnels d’entre eux, cela s’explique politiquement, car la logique d’appartenance et d’engagement exclusifs pour une personne ou un parti est de règle, avec les déboires d’une telle attitude. Cependant, nous croyions être en période de convalescence après le mal endémique qui nous avait handicapés durant plusieurs années en nous assujettissant exagérément à la personne, avec ou non notre bonne foi à servir la patrie.

Aujourd’hui, nous initions un processus de démocratisation qui sera long et éprouvant. Il reviendra alors aux citoyens conscients de leur devoir de citoyenneté à l’égard de la société, indépendamment des personnes d’alliance, d’œuvrer à mettre ce processus sur la bonne voie. Pour ce faire, ils devraient rationaliser leurs façons d’être et de faire et pousser dans le sens de l’humilité des individus et de la relativité de l’alignement clanique, au profit d’une unité dans la société de conversation, autrement dit une société de l’échange poli, respectueux, ouvert et capable de converger vers un intérêt commun, entendu au-delà de tout intérêt personnel ou sectoriel.

Certes, ce devoir de conscience citoyenne gagnerait à se généraliser dans la société d’aspiration démocratique ; mais cela est d’abord de la responsabilité des intellectuels au sens large : citoyens des sciences, de la pensée et de la culture, citoyens de l’éducation et de la communication. C’est de voir ces élites sombrer dans l’engagement inconditionnel des époques révolues, un engagement d’héroïsation de gens simples, capables des pires erreurs, preuves à l’appui, et des graves hésitations ou appréciations, que l’on commence à craindre tous les risques menaçant le processus démocratique.

Comment accepter, dans la logique démocratique, n’importe quel argument, même fallacieux, qui porte atteinte à la constitution ou à l’autonomie des institutions constitutionnelles ? Comment, pour ce faire, incriminer les acteurs médiatiques de vouloir chercher plus à fond dans l’explication des choses et dans l’affect et l’intellect d’un candidat aspirant à la présidence du pays ? Un candidat n’est-il pas redevable d’une réponse à tout, aussi honnêtement que requis, sans quoi il se soumettrait au dévoilement public du fond de sa personnalité et sans doute aussi, s’il en est comme c’est souvent le cas, de la machine qui le fait agir et qui en fait sa propre marionnette. Et les médias, ne sont-ils pas redevables des investigations nécessaires et des interrogations qui se doivent pour informer le citoyen, dans la pluralité des perspectives qui est la seule garantie de l’objectivité ?

Un feu d’alerte est allumé et si tout le monde ne s’y met comme il faut pour contrer toutes les menaces, nous risquerons de nous voir tous sombrer dans la même barque. Puisse notre conscience citoyenne nous éviter de tels dangers.

 


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