Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Accueil » Samimopinion » Lectures » Chronique : Terreur en Egypte… Religion et contrat social
egypte

Chronique : Terreur en Egypte… Religion et contrat social


 

Le terrorisme a encore frappé de la façon la plus horrible en Egypte ! La preuve est ainsi confirmée, encore une fois, qu’il y a des êtres humains sans cœur… L’inhumaine humanité !

Des citoyens du Sinaï, plus précisément du village de Bir al-Abed, à 40km à l’ouest d’Al-Arich, sont allés s’acquitter de la prière du vendredi, cette prière censée donner aux croyants le sens de leur communauté et de leur devoir d’union et de concordance, au-delà des différences et des divergences du terre à terre quotidien. En cet instant de haute communion collective avec le Seigneur, les fidèles sont surpris par une explosion à la sortie de la mosquée et sont rattrapés, en cherchant à s’enfuir, par une fusillade aveugle causant un lamentable carnage. 235 morts et 109 blessés !

Ce qui semble être attesté, c’est que cette horreur s’inscrit dans la continuité d’autres crimes perpétrés en droite ligne du plan terroriste qui sévit un peu partout dans le monde. Particulièrement en Egypte, depuis la chute de l’islamisme, la mort a frappé à la fois les forces de sécurité et les civils, y compris de simples paysans, à la fois les chrétiens et les musulmans. La raison évoquée pour justifier ces crimes, c’est l’accusation de « taghout », autrement dit le « takfirisme ».

Au centre de cette logique, une conviction inamovible : « Est considéré comme ennemi passible de mort tout individu ayant foi dans une autre croyance que celle brandie par les auteurs de ces crimes ». Un refus absolu de l’altérité et de la différence ! Et cela, au nom de l’islam ! Pourtant, on lit bien dans la Parole Sacrée du Coran : « Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle et Nous vous avons constitués en confédérations et en tribus, pour que vous vous connaissiez » (Les appartements, 13 / trad. R. Blachère). Notre compatriote et ami N. Radhouane traduit le verset sensiblement de la même façon : «Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous connaissiez entre vous. » L’esprit est toujours le même dans les deux interprétations…

Le pire, dans ce crime de Bir al-Abed (« Le puits du prieur » ? Quelle coïncidence !), c’est qu’il est perpétré par des musulmans contre d’autres musulmans ! Ainsi, dans la même religion, on se creuse la tête pour trouver des raisons de s’entretuer ! Pour un être humain se considérant comme tel, c’est à se demander si l’on est dans le droit fil de l’esprit et de l’éthique de sa religion ! C’est même à se demander si l’on a vraiment besoin de religion pour gérer les rapports humains et s’il n’est pas plus sage de laisser la religion à la relation intime avec Dieu et de garder l’éthique pour la gestion des sociétés, en y mettant la « bonne » politique. A-t-on oublié la célèbre phrase d’Ali Ibn Abi Taleb qui dit : « Est hérétique lui-même celui qui accuse un musulman d’hérésie » ? Et si Dieu est seul à connaître les intentions profondes, qui donc à part lui peut juger de l’hérésie ou de la foi des individus ?

Cependant, au-delà du cercle des musulmans, le Coran ne dit-il pas : « N’ôtez point la vie qu’Allah a voulue sacrée, sauf pour rendre justice » (Al An’Am, « Les troupeaux », 151 / trad. N. Radhouane, plus réussie nous paraît-elle que celle de R. Blachère, pour rester dans les deux seules traductions utilisées ici) ? Entendu qu’il s’agit ici de toute vie !

Comment donc certaines gens peuvent-ils se permettre ces crimes horribles qui frappent de terreur l’ensemble des populations à intervalles réguliers et à des dates et lieux symboliques ? Nul ne saurait accepter l’idée absurde que les religions soient porteuses de telles valeurs ! C’est les êtres humains qui font des religions ce qu’ils veulent pour justifier des objectifs et conduire des stratégies n’ayant rien à voir avec la foi et la relation de l’être humain avec l’Être Supérieur !

Force est donc de se mobiliser en masse pour faire régner ce principe de base du vivre-ensemble et surtout pour en faire l’élément essentiel du contrat social.

Par Mansour M’henni

(Publié sur jaharafm.net)


Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publierLes champs marqués sont obligatoires *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

WpCoderX