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Chronique: Taïeb Baccouche et son ministère


Par Mansour M’henni

Taïeb Baccouche, dans sa discrétion caractérisée, tend à devenir un personnage médiatique de premier ordre, suscitant des buzz et des antibuzz,

tantôt pour desdits conflits à l’intérieur de son parti, tantôt à propos de tensions et d’éventuelles démissions de son poste de ministre des Affaires étrangères. La dernière est celle relayée dimanche après-midi, à partir d’un site contrefait sur celui de MosaïqueFM, avec son logo.

La radio a vite publié un démenti, prévenant de cette contrefaçon pour diffuser de fausses informations, associant à l’occasion la fausse information sur la démission de T. Baccouche à celle, non moins fausse, de la mort présumée de la grande actrice Mouna Noureddine. Mais au-delà des effets divers de ces semblants de faits divers, il y a quelques questions importantes à poser pour le cas de l’actuel ministre des Affaires étrangères.

Rappelant que, spécialiste de linguistique arabe et traducteur des Clefs pour la linguistique de G. Mounin (Quand il était en prison après la crise de l’UGTT en 1978) et co-auteur d’autres ouvrages de et sur la traduction, cet universitaire de 71 ans a toujours concrétisé une image impressionnante de la sobriété, de la discrétion et de la retenue. Il a surtout été un homme du rapprochement et de la réconciliation, non sans la fermeté qui se devrait par respect de certains principes inaliénables. Un homme d’union ! Tout à son acquis et à son honneur a été sa position, quand il était le second de Habib Achour à la tête de l’UGTT et quand ce dernier a failli céder à la tendance de faire naître un parti ouvrier de l’enceinte de la centrale syndicale : ce jour-là, en disant « non » fermement et en convainquant la base, Baccouche a d’une certaine manière évité au syndicat un dérapage irréparable dans les méandres de la politique partisane.

C’est pour dire qu’on peut ne pas être d’accord avec lui, mais on ne peut que le respecter sur cette image, même si son passage à la tête du ministère de l’Education n’a pas manqué de lui valoir des critiques virulentes. Toutefois, il y a lieu de souligner à ce propos qu’on ne sort jamais indemne de la tête du ministère de l’Education.

Aujourd’hui, Taïeb baccouche est incontestablement la cible de certaines tendances, même si ne sont pas négligeables en nombre ceux qui continuent de croire en lui comme un éventuel leader politique. Quels que soient les calculs qui couvent sous cette animosité, je continue de croire, comme précédemment écrit le lendemain de l’élection présidentielle, que T. Baccouche a peut-être gaffé en convoitant et en obtenant le portefeuille du ministère des Affaires étrangères. Non que je sois totalement d’accord avec ceux qui pensent que nos diplomates doivent tous être les enfants du ministère, mais parce que, de mon humble point de vue, la direction de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme n’est pas un argument suffisant pour la maîtrise de ce portefeuille. Par ailleurs, T Baccouche me paraissait avoir un plus important rôle à jouer dans Nidaa Tounès que dans n’importe quel gouvernement composé pour l’étape actuelle de la Tunisie.

De fait, le pouvoir est tentant, même pour ceux qu’on croit les plus sages. Par conséquent, il faudra du temps pour que le Nidaa retrouve un équilibre et une santé à même de lui permettre de jouer au mieux son rôle de parti majoritaire. Fausse ou vraie l’information sur le site contrefait de Mosaïque, la tension assiégeant le ministre de la diplomatie est à son comble, depuis la présidence de la République jusqu’aux couloirs plus ou moins discrets du Nidaa, en passant par les étages du ministère des Affaires étrangères qui semblent porter l’écho d’une faillite de la diplomatie arabe de la Tunisie (à preuve la perte de toutes les responsabilités tunisiennes à la tête des instances pan-arabes) et d’une bourde considérée comme impardonnable à l’égard de la Turquie.  On commence même à avoir des doutes sur la politique africaine et à se demander si les six pays exemptés de visas pourront aider à propulser le candidat tunisien, Jalloul Ayed, à la tête de la BAD, surtout que ses compétences intrinsèques et ses liens propres plaident plutôt en sa faveur.

Bref, un bilan serein et objectif gagnerait à être fait, à tous les niveaux, pour une issue raisonnable de la situation et une révision heureuse de la stratégie diplomatique de la Tunisie, dans l’esprit qui l’avait toujours servie un demi-siècle durant et dans le principal objectif à lui fixer dans l’immédiat, la relance de la dynamique de développement.

(Cet article est publié aussi sur jawharafm.net)


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