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Chronique : Sans une bonne éthique, la politique n’est que danse de démons Par Mansour M’henni


Cela fait près de cinq ans que, chez nous, la politique semble s’être libérée de toutes les contraintes. Or, qu’elle se libère du poids de la répression pour se mettre sur la voie de la démocratie, c’est une bonne chose ; mais que, ce faisant, elle tourne le dos aux valeurs éthiques inaliénables, c’est le pire qui puisse arriver à notre société.

Ainsi, après les événements de 2011, la conscience sociale s’est laissé faire, partant du principe qu’en parlant de « révolution » certains débordements sont tolérables pour un temps, le temps de voir plus clair sur le chemin de l’avenir. On a appelé cela « le prix de la révolution » et à ce titre, on a donné raison à tout, même à ce qui est contre la raison.

Des biens ont été spoliés, des dignités bafouées, des mérites méconnus, des droits retirés, des structures désorganisées : tout ce qu’il faut pour justifier jusqu’à l’injustifiable. On croyait pouvoir construire une démocratie solide et une société saine et équilibrée avec des abus pareils ! On ne savait pas, ou on oubliait, que tout ce qui se fait dans l’abus et par l’abus ne peut générer qu’une organisation abusive et des relations aberrantes.

Passée la première année, on croyait que les élections allaient y changer quelque chose. Malheureusement, le mal s’est infiltré dans l’assemblée constituante et en 2014, l’Assemblée des représentants du peuple en a hérité une part non négligeable. Ces institutions fondatrices de la légitimité, de l’ordre, des droits et des devoirs se sont transformées, parfois, en un espace de défilement de farces de mauvais goût, parce qu’il y a manqué une valeur essentielle, le pilier de tout système de valeurs et de toute démocratie : le respect.

Par ces premiers jours de grande déroute, j’ai écrit une chronique appelant à la création du seul parti politique qui en vaille la peine, « le Parti du Respect », ouvrant même un blog à l’appui de cette idée. J’ai appelé aussi, dans un autre contexte, à la fédération d’associations autour d’un civisme de la citoyenneté. Aujourd’hui, après avoir suivi de près les débats parlementaires pour les deux derniers votes de confiance, je me sens tout triste de conclure que c’est bien par ce bout-là qu’il nous faut reprendre le combat : un vrai combat contre le sous-développement moral qui me paraît être la cause de tout sous-développement.

Sans le respect d’autrui, quelle que soit sa condition, sans le respect de sa liberté tant que celle-ci ne porte pas atteinte à autrui, sans le respect des institutions, du temps, de l’environnement, sans le respect de tout effort dont il est fait don, quel que soit son rendement, comment prétendre à une société civilisée, à une humanité digne, à une morale supérieure ?

Je n’ai vraiment pas envie de nommer des personnes, mais les actes qui me restent en mémoire, à plusieurs concitoyens aussi, me laissent répéter au fond de moi-même et au besoin à l’attention de mes semblables : j’ai mal à mon pays.

Qu’importe dans quel temps ou dans quel parti nous avons été ou nous sommes, les uns et les autres, la dignité qui fonde notre humanité nous impose le respect de tout ce qui nous entoure, dans la société où nous avons accepté ou choisi de vivre.

Quand une majorité, aussi relative qu’elle soit, établit un document de base pour un programme de travail, de quel droit une petite personne se permettrait-elle de déchirer spectaculairement ce document qu’elle aurait pu critiquer et même vider de son contenu si elle avait les arguments convaincants pour ce faire ? De quelle morale relèverait le comportement d’une autre petite personne qui se permet de manquer de respect aux institutions et à leurs premiers responsables, de la façon la plus vulgaire, alors que leur critique rationnelle gagnerait en impact si elle restait dans les règles de la bienséance ?

Je me contente de ces questions qui me vaudront peut-être ma part de dénigrement, mais que faire d’autre sinon s’interroger pour soi et pour les autres pour toucher au bon bout du fil qui laisse encore croire à l’idéal humain.

A moins qu’il n’y ait une vraie intention de descendre bien bas l’humanité de l’homme !

(in jawharafm.net)


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