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Chronique: Qui sont-ils ?


Qui sont-ils ?

Ce n’est pas là la seule question à poser au sujet des vendeurs à la sauvette dont les étals encombrent (c’est un euphémisme) les trottoirs, voire les rues de toutes nos cités. On pourrait se demander aussi pour qui ils roulent, qui les couvre, où et chez qui ils s’approvisionnent, si l’on cherche vraiment et sérieusement à endiguer le « fléau » qu’ils représentent, s’ils font partie d’une sorte de « mafia » qui gangrène l’économie du pays, si leur commerce illicite, mais apparemment toléré, n’est pour eux qu’un modeste gagne-pain comme tant d’autres, ou bien s’il s’agit d’un trafic qui s’inscrit dans un cadre beaucoup large et plutôt criminel, si ces vendeurs à l’étal ont des liens étroits avec les divers réseaux de contrebande que l’Etat dit combattre quotidiennement et par tous les moyens. En bref, ces petits commerçants du marché informel ne cessent de poser des problèmes aux institutions de l’Etat (police municipale, Ministère du Commerce et contrôle fiscal, par exemple), aux propriétaires des magasins et des boutiques qui sont en situation régulière, aux piétons ainsi qu’aux véhicules de toutes sortes qui circulent en ville, et même à leurs propres clients de plus en plus nombreux parmi les couches modestes et les classes moyennes.

sauvette

Ravages tous azimuts

En effet, ils jouent chaque jour au chat et à la souris avec les agents municipaux (de la capitale, surtout) qui tantôt les pourchassent, tantôt les laissent faire. Quant aux commerçants du circuit légal, ils semblent avoir abdiqué devant l’invasion effrayante et insolente de « leurs » trottoirs par des centaines d’étals en carton bondés de camelotes asiatiques ou locales. La circulation perd toute fluidité là où ces petits marchands s’installent, la chaussée étant à son tour envahie totalement ou aux trois-quarts par leurs marchandises exposées parfois à même le sol. Pour ce qui est des clients qui trouvent leur compte en s’approvisionnant chez les vendeurs à la sauvette, ils courent assurément des risques d’arnaque, ou franchement des risques de maladies graves dues à l’utilisation ou à la consommation des produits achetés à bon marché (notamment les produits cosmétiques, les détergents, et certains aliments en conserves). Inutile, enfin, de pérorer sur les ravages du commerce informel sur le plan écologique et sur celui de l’esthétique urbaine, car c’est un discours qui semble ne plus convaincre personne, les citoyens tunisiens étant presque tous responsables des dommages occasionnés à l’intérieur des villes et des quartiers. A en croire que les mots d’environnement, de propreté et de beauté ne signifient plus rien pour la plupart d’entre nous.

Et la solution, alors ?

Il faudrait une vaste étude à la fois économique, sociologique, politique, culturelle, psychologique, urbanistique, pour peut-être comprendre les facteurs qui ont favorisé et favorisent encore l’aggravation du phénomène du marché informel, et pour résoudre totalement ou en partie les problèmes que celui-ci pose à tout le monde. Il y a plus de deux ans (tous les ans, en fait, depuis la « Révolution »), nous avons entendu certains officiels parler de mesures et de solutions radicales au sujet du commerce de rue. Sur le terrain, le fléau ne cesse pourtant de s’amplifier, même avec le gouvernement actuel, manifestement impuissant, lui aussi, face à la délicatesse et à la complexité du dossier. Il paraît que certains acteurs, pour ne pas parler de barons, qui tiennent les ficelles du marché « parallèle » sont intouchables. Du temps de Ben Ali et après le 14 janvier 2011, on accusait les Trabelsi de tous les maux, dont justement ce genre de commerce illicite. Mais aujourd’hui que les Trabelsi sont partis ou qu’ils agissent sous étroite surveillance, nous aimerions savoir qui sont leurs successeurs, leurs « héritiers ». Osera-t-on nous répondre ? Difficile, sincèrement, de vous répondre, cher lecteur !

                                               Badreddine BEN HENDA


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