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Chronique : Pour une vision évoluée de la fonction présidentielle


Par Mansour M’henni

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Aujourd’hui, vendredi 02 août 2019, commence la période consacrée à la présentation des candidatures pour l’élection d’un nouveau président de la République de la Tunisie. Le délai de rigueur de ces dépôts est le 09 août et le premier tour des élections est fixé au 15 septembre. Quatre candidats ont été les premiers à rejoindre l’ISIE pour déposer leurs dossiers de candidature, sans surprise ; trois d’entre eux sont des figures politiques bien cadrées dans un parti et dans son idéologie, donc peu enclins à des concessions ou à des compromis à ce propos. Il s’agit de Mohammed Abbou, de Abir Moussi et de Mongi Rahoui. Le quatrième, Nabil Karoui, est un cas particulier, sur le plan politique, et son engagement dans cette échéance électorale mérite un plus ample développement qui ne pourrait relever de la présente chronique.

Au vu d’un entretien télévisuel du jeudi 1er août, le président du Gouvernement Youssef Chahed aurait déjà une position fixée quant à se présenter ou non à ces élections, mais une position à annoncer ultérieurement. Autrement dit, en attendant d’examiner la situation de plus près et d’entrevoir les issues les meilleures ou au moins les moins désavantageuses. Le bilan qu’il a présenté n’a cependant pas convaincu tout le monde et encore moins dissuader ses critiques et ses agresseurs pour les amener à plus d’indulgence. Au contraire, par mauvais conseil en communication, il s’est attiré la méfiance et la suspicion d’une génération non négligeable de la population, les plus de 50 ans, qu’il a rendu responsables des insuffisances de son gouvernement et dont il disait, il y a quelques jours encore, tout l’intérêt à tirer profit de leur expérience grâce à des structures appropriées et efficaces.

En fait, plusieurs décisions de personnalités politiques à même de songer à candidater pour la présidentielle restent tributaires de la décision du ministre de la Défense, A. Zbidi, qui semble avoir l’aval le plus large, de la part de plusieurs catégories de citoyens, malgré les compagnes de dénigrement, probablement surprise par cette option imposée par la mort du président Béji Caïd Essebsi (Paix à son âme !) et donc manquant de moyens objectifs pour attaquer le nouveau candidat potentiel, voire très probable désormais.

A ce propos, la question qui se pose pour certains, c’est de savoir si « l’indépendance politique », les qualités éthiques, professionnelles et citoyennes, ainsi que les valeurs humaines du « candidat indépendant » sont suffisantes pour lui faire gagner un scrutin foncièrement politique. Pour ma part, cette situation me rappelle la candidature de Mustapha Kamel Nabli en 2014. A l’époque (et aujourd’hui aussi), j’étais fermement convaincu que l’idéal pour la Tunisie à cette étape de la transition démocratique résidait dans un président indépendant, qui concrétiserait « une vision évoluée de la fonction présidentielle ». J’avais écrit alors :

presidence

Le candidat M. Nabli a tiré la leçon d’une présidence partisane et semble avoir la conviction, non sans raison, que celle-là n’est pas ce qui conviendrait à la Tunisie de la transition démocratique, celle-ci ne pouvant commencer effectivement qu’après les prochaines élections si celles-ci valident l’intention démocratique des Tunisiens. Pour dire les choses autrement, contre l’idée d’un gouvernement d’unité nationale, qui ne peut que prolonger le principe du partage du gâteau, M. Nabli propose une présidence indépendante pour l’arbitrage, la veille, la stimulation et la fédération des efforts autour d’idées maîtresses et de conduites attestées de la politique de développement. C’est donc un candidat sans les slogans creux et les promesses vaines et vaniteuses : rien que du réalisme et du discernement dans un Etat qui mérite son nom pour un pays digne de tous les sacrifices. Son seul mot d’ordre : La Tunisie nous est confiée en dépôt (TounèsAmana). Il y a de la confiance et de la responsabilité, il y a de l’obligation et de l’honnêteté. Mais, réalisme contre réalisme, a-t-il vraiment des chances de réussir ? Oui, s’il y a une conscience politique vive chez les électeurs et s’il y a surtout l’intelligence de l’intérêt, ici et maintenant, d’une candidature indépendante à même de propulser à la tête de la magistrature suprême un actant de conciliation, de fédération et de projection. Car ainsi, la masse non négligeable des acteurs de la société civile, les gens des partis progressistes et démocrates qui n’ont pas de candidat à la présidentielle, et même les pans des mécontents ou des sceptiques de certains partis « à problèmes et à malentendus », voire aussi certains électeurs intelligents de la troïka, qui adhèrent à un avenir civil de l’Etat tunisien, tous constitueraient la base électorale potentielle de Mustapha Kamel Nabli. L’épreuve n’est pas encore franchie pour ce dernier, mais, dans l’absolu, il lui est vraiment permis d’espérer. Peut-être, la Tunisie aussi.

 

Cela m’a valu de faire partie d’un conseil (cinq personnes) très rapproché du candidat, plein lui aussi  de toutes les valeurs ci-dessus énumérées à propos de M. Abdlkrim Zbidi. Mais quelque temps après, j’ai découvert dans les différentes commissions des motivations diverses, toutes politiquement maquillées. Le processus prenait une autre tournure. Déçu, j’ai pris discrètement mes distances. Sans doute aussi cela a-t-il été pour quelque chose dans la décision de MKN de se retirer de la course, une décision que le candidat avait prise (ou avait été «invité » à prendre) de façon inopinée, et comme d’extrême urgence.

A présent, pour l’éventuel candidat Zbidi, les choses peuvent se présenter autrement si, en plus de l’appui citoyen et de celui des structures civiles déjà favorables, certains partis et certaines sensibilités politiques affirment clairement leur soutien à cette candidature (ce qui n’a pu se faire en 2014, surtout qu’il y avait BCE). On a constaté que certains ont déjà commencé à s’exprimer dans ce sens, cela peut s’élargir encore et on pourra alors œuvrer, sincèrement et avec autant de consensus que possible, pour une vision évoluée de la fonction présidentielle, qui ouvrirait largement la voie devant nous vers la démocratie.

 


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