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Chronique : Où nous conduit ce pis aller de la démocratie ?


Par Mansour M’henni

La scène politique tunisienne donne l’air de bouger ; mais c’est à se demander s’il ne s’agit pas plutôt de faire du vent. Les sensibilités politiques qui sembleraient logiquement antithétiques se mettent en coordination et bientôt en coalition. Par exemple, les libéraux attitrés sont déjà en accointance avec une certaine gauche apparemment socialiste, et surtout les deux avec d’autres tendances qui se confondent dans un centrisme totalement décentré sous l’effet de toutes les forces, réelles ou simulées, qui l’écartèlent dans tous les sens.

D’aucuns diraient encore que c’est un bon signe pour le processus démocratique : le pluralisme serait alors consacré et les différences affirmées et confirmées. Ce n’est sans doute pas totalement insensé si cela contribue à l’instauration d’une pratique effectivement conversationnelle où toutes les intelligences et les volontés sont d’abord concentrées, sans grande démagogie, sur l’intérêt collectif et non sur la manipulation pour des calculs politiques par trop restreints. Malheureusement, tout laisse croire que ce n’est pas le cas.

En effet, nous voici devant plus de 210 partis politiques qui n’arrivent pas à se regrouper en un vrai panel représentatif des pôles politiques réels et logiquement concevables pour dynamiser un vivre-ensemble aussi démocratique que possible ! Car la dispersion actuelle va finir par servir un parti ou deux, qui finiront soit par s’entendre entre eux pour remplacer la configuration du parti unique par celle d’une coalition bicéphale, soit par camper chacun dans son pôle tout en s’offrant les services d’une pléthore de ces partis minuscules qui se sentiraient on ne peut plus rassurés à l’ombre d’un parrain politique, fût-ce au prix d’une trahison des principes pour lesquels ils prétendent militer.

Il faut reconnaître cependant que le jeu politique et ses enjeux s’est structuré depuis bien longtemps sur cette base, si bien que la plupart des gens n’envisagent même plus une quelconque possibilité de faire autrement, se contentant de dire : « Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a ». Autrement dit, faire de la démocratie un pis aller, comme d’aucuns l’avaient conclu. N’en a-t-on pas dit qu’elle est le moins mauvais des régimes ? N’empêche que dans ce même pis aller, certaines choses pourraient ne pas concorder ! Déjà que la barque de notre gouvernement « d’union nationale » se voit déchargée d’une part de ses voyageurs qui y étaient déjà mal installés par manque de confort ou de pouvoir de décision !

Du même point de vue, comme les prochaines échéances politiques sont assez proches pour que leur feu réchauffe les ambitions, tous les acteurs politiques vont s’affairer à y prendre place, à y jouer un rôle et à en cueillir une part de la moisson. Qu’importe le moyen d’y arriver ! Ne dit-on pas que Machiavel est le maître des politiciens modernes ? Alors, si la convention de Carthage a pu réunir plus d’une dizaine de coalisés, pourquoi ne pas penser à des listes électorales portant l’étendard d’autant de partis et même plus ? On dira toujours au petit peuple que les municipales ne sont pas idéologiquement assez contraignantes pour se laisser affecter par une coalition d’engeance nombreuse !

Et puis, nous dit-on de partout et par ailleurs, il y a la société civile qui peut enrichir les listes des partis et leur donner une autre saveur et une autre allure, surtout que les listes indépendantes auraient des difficultés à s’affirmer, comme historiquement confirmé.

En définitive, osons croire que ce vent préélectoral puisse servir effectivement une démocratie du développement car, jusqu’à présent, on n’a vu qu’un semblant de démocratie, essentiellement celle du boycottage et des difficultés économiques conséquentes. Néanmoins, ne perdons pas de vue que la majorité du peuple, en tout cas de la masse électorale, est dégoûtée de la politique et de ses acteurs ! « Tant mieux, devrait-on se chuchoter quelque part, cette aversion joue en notre faveur. »

 


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