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Chronique : Meryam Joobeur et l’ancêtre fondateur des JCC


Par Mansour M’henni

 

Au-delà de son succès propre, somme toute inégalement apprécié, comme pour toute manifestation du genre, l’édition 2018 des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) aura confirmé au moins deux conclusions importantes : d’abord  le rôle moteur que joue et jouera la Cité de la culture dans la dynamisation de la vie culturelle nationale ; ensuite le rôle crucial que joue et jouera le secteur de la culture pour contrer les fléaux tendant à ronger le tissu social, en l’occurrence l’intolérance, le fanatisme et l’extrémisme, principaux foyers du terrorisme et de ses avatars.

Mais mon propos d’aujourd’hui focalisera sur le portrait d’une jeune lauréate des JCC pour la plateforme éthique sur laquelle elle me paraît fonder et édifier sa carrière et sa personnalité. Je veux parler de Meryam Joobeur, récipiendaire à moins de trente ans du Tanit d’or du court métrage de fiction au JCC 2018, après d’autres prix remportés ailleurs, surtout au Canada. Elle est née aux USA de parents tunisiens ; elle a commencé sa scolarité à l’Ecole Primaire La République de Sayada, la ville natale de sa famille, mais elle a vite repris domicile aux USA avec ses parents. Puis, elle s’est installée au Canada, d’abord pour des études supérieures de cinéma, puis par un choix de carrière.

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Feu Fatma Chakroun (ép. Joobeur)

La Grand-mère à qui a été dédié le prix du TIFF

Meryam avait peut-être assez de préalables pour faire comme d’autres jeunes gens en prenant des distances à l’égard des siens, voire même tourner le dos à son pays. Cela lui aurait peut-être valu de meilleurs accueils et une meilleure hospitalité ! Au contraire, elle a observé une assiduité remarquable à rentrer en Tunisie pour se réchauffer le cœur à l’amour de ses parents proches et pour nourrir sa pensée et son intelligence du monde, du suc de l’imaginaire et du vivre tunisiens. Chacun de ses séjours était en deux volets ; un bain familial et une errance d’exploration dans les différentes régions du pays, à la recherche d’illuminations inspiratrices dans les méandres de la société. C’est d’ailleurs ainsi que soudain, dans le gouvernorat de Bizerte (à Sejnane), a surgi en elle l’idée du film primé à Carthage, Ikhwan (Brotherhood).

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Feu Tahar Chériaa (Fondateur des JCC)

Par-delà toute évaluation technique de la jeune réalisatrice et scénariste, une concitoyenne quand même de feu Tahar Chériaa, le fondateur des JCC dont les invités « de marque » du festival de cette année n’ont même pas réussi à reconnaître le portrait (Merci la Télévision tunisienne d’avoir montré cette infirmité culturelle !), Meryam Joobeur a déjà fait impression, au Canada, en dédiant son prix du TIFF à l’âme de sa grand-mère paternelle, décédée avant la sortie du film qu’elle s’impatientait de voir, avec la fierté qu’on peut imaginer. Meryam a impressionné encore à Tunis en dédiant son Tanit de Carthage à sa ville d’origine, Sayada, qui semble peiner à réserver à Tahar Chériaa les signes de reconnaissance qu’elle lui doit. En effet, tout errant qu’il était derrière les réalisations culturelles, on ne saurait nier à ce grand homme au destin exceptionnel, le rayonnement qu’il a jouté à sa ville natale, avec d’autres certes mais avant eux, ni déprécier son acte ultime d’offrir sa bibliothèque personnelle à cette ville chérie. Le ministère des Affaires Culturelles a fourni les fonds nécessaires à la construction d’un pavillon Tahar Chériaa dans la bibliothèque publique de Sayada. Puisse les autorités locales et la société civile locale (au moins ce qui en reste) se mobiliser pour l’inauguration, l’enrichissement et la dynamisation de cette réalisation.

Tout l’espoir de la Tunisie de demain est dans le capital éthique qui devrait présider à l’engagement citoyen de ses enfants. Meryam Joobeur nous en donne un exemple, fidèle à un éminent aïeul en la matière, Amm Tahar. En attendant de voir les valeurs qu’ils portent s’ancrer dans l’affect et dans l’intellect de la plupart des Tunisiens.

(Publié aussi sur www.jawharafm.net)


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