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Chronique: Ma communication… Par Badreddine Ben Henda


Au commencement était l’intérêt pour la modeste réflexion que je devais développer à l’occasion du VIème Forum Kateb Yacine, organisé à Guelma du 21 au 25 Mars 2015. Puis, je m’en détournai presque totalement une fois reçu par nos amis Guelmi. C’est alors que commença la vraie « communication » pour moi. L’accueil qui nous fut réservé était plus que chaleureux ; cela n’avait rien de protocolaire ; ce n’était guère affecté ; nous étions véritablement « chez nous », au milieu des nôtres. Comme si les quatre cents kilomètres parcourus de Tunis à Guelma valaient pour chacun d’entre nous quelques pas franchis entre le seuil de sa propre porte et l’intérieur de sa propre maison.

Lorsque l’hymne algérien fut entonné au début des travaux du forum, je ne me sentis absolument pas en territoire « étranger » : j’avais même un peu honte de ne pas savoir par cœur – comme c’était le cas pour d’autres membres de la délégation tunisienne- les paroles de ce chant national dont je me contentai de répéter le beau refrain « fach’hadou » (« soyez-en témoins »). Tout au long de la rencontre culturelle et académique, je notais prioritairement les manifestations de solidarité, d’amour humble et sincère, de vraie fraternité que nous exprimaient diversement nos frères algériens et aussi tous les invités du Forum. Je ne pourrais jamais oublier ces mots simples ni ces petits gestes qui dénotaient une amitié naturelle entre des gens venus de partout « communiquer » quelque chose sur Kateb Yacine, sa vie et son œuvre.

C’était là la dimension du Forum à laquelle je n’avais pas pensé en premier ; pourtant l’objectif principal de la manifestation était inscrit en grosses lettres sur l’invitation que l’on m’avait adressée et sur la banderole qui nous accueillait à l’entrée du Théâtre régional Mahmoud Triki où se tenaient les travaux : car il s’agissait de dégager, d’étudier et de discuter les interactions culturelles, textuelles et artistiques que Kateb l’homme, le penseur, l’écrivain, le poète, le résistant contribuait à créer entre les hommes de tous bords et entre ses propres créations et celles de ses semblables. Il était clair qu’à travers le nouvel hommage rendu à Yacine et à son œuvre, le Forum visait en profondeur quelque chose d’essentiel, qui ouvrait sur des causes universelles en rapport étroit avec la liberté de l’homme, avec les combats à mener pour une vraie justice et une fraternité réelle entre les peuples du monde.

Mon séjour à Guelma fut finalement vécu comme une expérience à renouveler en permanence et partout, pour que règne la meilleure atmosphère propice aux vrais échanges « fructueux » entre les habitants de la planète. Au-delà de nos petites « communications » pour petits « colloques », nous devons penser à la grande communication et au large colloque à instaurer entre nos différences ; car il ne s’agit pas de renoncer à son identité, mais de l’enrichir au contact de celle d’autrui. Tous ceux que j’ai rencontrés, salués, côtoyés, accompagnés, avec qui j’ai eu le plaisir de converser, de plaisanter, de manger, de siroter un thé, de me promener, qui m’ont souri dans la rue ou à l’hôtel, qui m’ont fait sentir que je pouvais être « chez moi » n’importe où sur cette Terre qui n’appartient à personne en particulier, mais qu’il appartient à tous ses habitants de préserver des ravages de l’égoïsme et de la haine ; tous ces gens humbles croisés à Guelma le temps d’un forum de quelques jours ont conforté ma foi en l’homme et m’ont, malgré tout, rassuré sur l’avenir humain qu’il m’arrive quelquefois de voir en noir.

Au moment où le Forum Kateb Yacine clôturait ses travaux, s’ouvrait à Tunis le Forum Social Mondial. De forum en forum, de dialogue en dialogue, de colloque en colloque, c’est ainsi que va et doit aller la « communication » entre les hommes qui veulent leur bien et celui d’autrui. A Guelma, j’ai chaleureusement « communiqué » ; de retour à Tunis, je vais continuer à le faire, prouvant à tous les ennemis du Dialogue que je n’ai cure de leur intolérance et de leurs haineuses pratiques terroristes. A Guelma, à Tunis, à Kénitra, à Paris, à New-Delhi, à Sydney, à Kiev et partout où l’on m’accueille, ma cause première sera toujours la « communication » libre et responsable entre tous les habitants de cette chère Planète.

                                                                       Badreddine BEN HENDA


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