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Brahmi-Mourou

Chronique : Le Mouled dévoile encore la rhétorique pernicieuse de Mourou


J’ai toujours pensé et souvent écrit que M. Abdelfettah Mourou est un vrai et grand démagogue. C’est pourquoi qu’il me paraît plus versé dans la politique que dans la religion, dans la rhétorique que dans l’éthique. Je ne veux pas dire par là qu’il soit d’une quelconque méconnaissance du savoir religieux ; au contraire, il en est imbu au point de pouvoir figurer parmi tous les cheikhs et autres imams de la place, s’il n’avait dit lui-même avoir choisi d’être orateur plutôt que penseur (sens entendu par cheikh de l’Islam).

A ce propos, je n’ai pas oublié son inoubliable remarque à Wajdi Ghnim venu trop tôt essayer de nous laver le cerveau au profit d’une vision de la foi en rupture avec l’Histoire et les spécificités sociétales : « Ne vous en faites pas, avait dit A. Mourou, nous avons leurs femmes et leurs enfants, et c’est par là que nous les aurons. » La stratégie est claire et on ne peut plus étudiée ; on la voit d’ailleurs mise en marche depuis un certain temps à travers plusieurs acteurs ! C’est d’ailleurs pourquoi, même quand Mourou s’était présenté aux élections de 2011 en dehors des listes d’Ennahdha, il n’initiait pas en vérité une autre vision de l’implication politique distante de l’islamisme politique, il ne faisait que fournir à l’islamisme politique une autre voix d’envahissement de l’espace public, tacitement et sournoisement complémentaire de la stratégie centrale du mouvement. A preuve, il est vite revenu aux premiers rangs du mouvement comme on peut le constater, rivalisant étroitement avec son chef charismatique.

Un jour, les gens d’Ennahdha se disputeront, peut-être, sur le vrai inspirateur de l’ouverture dite civile du mouvement, Ghannouchi ou Mourou ! Les marques d’un tel schisme apparaissent déjà, même si présentées comme de l’ordre de la rumeur ou de la présomption, mais les intérêts majeurs que les deux membres fondateurs du mouvement ont en partage ne permettent ni à l’un ni à l’autre de laisser creuser, maintenant, le terrain du conflit. Cela est donc un autre débat, sans doute pour des échéances prochaines.

A ce jour, j’ai voulu rappeler ces détails suite à la façon dont A. Mourou a clos la dernière séance parlementaire du jeudi 30 novembre, la veille du Mouloud, celle au terme de laquelle il semblait bousculé par un assistant ou un collaborateur pour formuler les vœux de l’ARP à l’occasion du Mouled. Mourou s’y résolut finalement en tenant à préciser, dans une assemblée législative (tachri3yaa) que le Mouled n’est pas une fête « légitime » (char3iaa). Que cette précision soit ajoutée par conviction personnelle ou pour ne pas mécontenter une aile de l’islamisme politique, cela revient au même en termes de reconduction du conflit entre la Loi de la Chariaa et la Loi civile et de relance du débat autour de la latitude dont disposerait Ennahdha pour gérer une quelconque distance à prendre à l’égard du cultuel au profit de l’action civile, du culturel au sens large, dirions-nous. En effet, il n’y a qu’un pas pour passer de la déclaration de Mourou à l’interprétation wahhabite qui considère que le Mouled est une « Bid3aa », une hérésie, et que celle-ci voue son auteur à l’enfer.

Sans doute importe-t-il de rappeler à M. Mourou, ce qu’il sait mieux que quiconque, en l’occurrence que le mot « Aïd », toutes variantes confondues, n’a été employé dans tout le Coran qu’une fois, dans un verset de la sourate « Al Maïdah » (La Table servie), et cela à propos de Moïse ? Toute fête donc, au moins dans la société musulmane, n’est qu’une tradition sociale née d’un besoin d’être au bien-être de la vie, même quand cela a été étroitement lié à la tradition de notre Prophète, la sunna !

Notre société tunisienne, comme d’autres d’ailleurs, a choisi de fêter la naissance de Mohammed par amour, comme on fête l’anniversaire d’un membre de la famille, d’un être cher et affectivement très proche. N’en déplaise à M. Mourou, je dis donc à la fin, et sans nulle autre précision : Bonne fête du Mouled !

Mansour M’henni


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