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Chronique : Le Gouvernement de Y. Chahed, celui peut-être de la dernière chance


Par Mansour M’henni

On se souvient peut-être qu’ici même, le huit août 2016, j’ai répondu à un ami français, ancien responsable international de médias et expert international en Web et médias, qui me demandait ce que je pensais de Youssef Chahed, le nouveau président en charge du gouvernement. Le hasard a voulu que cet ami arrive en Tunisie pour participer à une importante rencontre culturelle, ce samedi du 20 août jour de l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale après sa présentation au Président de la République. Il m’a donc demandé mon avis sur cette formation, surtout les noms les plus contestés par certaines déclarations politiques et certains commentaires sur les réseaux sociaux.

Je lui ai rappelé l’écho de certaines voix qui réclamaient que « la Tunisie fasse confiance aux jeunes, quitte à faire les frais de leur inexpérience, le temps de les voir se rôder à la tâche de gouvernance et au savoir-faire de la direction des affaires de l’Etat » et que mon avis était nuancé sur cette question. Mais du point de vue de la cohérence de notre ambition, il nous faut bien accepter ces dits « novices de la politique », malgré ou pour leurs diplômes, qui pourraient cependant agréablement nous surprendre par leur rendement à la tâche. Le pari sur les jeunes, comme celui sur les femmes d’ailleurs, est un défi ; il a ses risques qu’il faut savoir assumer sans l’hypocrisie politique qui en fait un slogan dans les discours et un tabou dans la pratique ! Nous avons fini par l’assumer concernant le président du gouvernement et il n’y a pas de raison pour y renoncer quand il s’agit de l’équipe gouvernementale. Assez de contradictions donc et ne soyons pas comme ces responsables de partis qui condamnaient leurs adversaires d’être antidémocrates en monopolisant le pouvoir et qui ne délogent pas de la tête de leurs structures politiques.

Sur un autre plan, la plupart des politiques avaient réclamé un gouvernement politique, autant que faire se pourrait, et un gouvernement de rassemblement du plus grand nombre possible des acteurs et des formations impliqués. On se souvient même que quand certains signataires du « Document de Carthage », qu’il aurait fallu appeler « pacte », s’étaient retirés de la coalition, de façon peu assumée d’ailleurs, d’aucuns avaient ironisé sur le sort du gouvernement « d’union nationale » et avaient crié au fiasco de l’initiative présidentielle et de la première mission de son poulain. Youssef Chahed, qui partait sincèrement pour une équipe réduite, se voit acculé à un effort supplémentaire de persuasion, moyennant certains compromis, pour ne pas bloquer la nouvelle machine au premier tour de manivelle. Là, force est de lui reconnaître un savoir faire concluant puisque l’équipe annoncée est largement représentative, au moins en étiquettes politiques.

Du côté des opposants à cette équipe, il faudra donc faire la part des choses :

+ Il y a d’un côté ceux qui ne font rien de constructif et qui s’opposent à toute construction : ce sont d’irréductibles mécontents et leur attitude est historique et inamovible. Quand ils sont à court d’arguments solides, ils sortent le refrain du RCD et des symboles de l’ancien régime, inconscients ou trop conscients de la valeur de nombreuses compétences de haut niveau ayant travaillé pour l’Etat et pour l’intérêt du pays et se rendant disponibles pour continuer la tâche, la main dans la main avec leurs anciens adversaires, tant que c’est pour le bien de la patrie. En effet, on n’entre pas dans le service militaire avec sa carte de parti. A suivre ces opposants jusqu’au bout de leur logique, ils prétendraient bientôt que Y. Chahed a des liens de parenté et des affaires louches avec Ben Ali lui-même ! Mieux vaut en rire.

+ Il y a aussi ceux qui ont des comptes à régler, avec des personnes désignées, et qui leur sortent alors des présomptions de corruption. A ce niveau, il est bien temps d’arrêter la cacophonie immonde des premières années du changement de 2011, quand n’importe qui devenait juge et bourreau de qui il voulait dans une impunité qui a mis à mal le fonctionnement légal et l’image de marque de l’Etat. Que celui qui détient les éléments d’une affaire de la sorte ait recours à la justice, seule à même de trancher à ce propos. Si confirmation des soupçons il y a, le président du gouvernement assumera ses responsabilités attenantes.

+ Il y a aussi ceux qui se sentent lésés, parce que se jugeant eux-mêmes méritoires d’une nomination au gouvernent ; ceux-là ne constituent pas un vrai problème car, au-delà de la première réaction à chaud, souvent épidermique, retrouveront la raison ou la discipline partisane, à part peut-être de rares cas particuliers.

+ Il y a enfin ceux qui, de bonne foi, surtout dans certains médias, formulent des critiques, avancent des opinions, proposent des idées. Cette attitude est positive quelle que soit sa charge affective parfois et sert toujours à éclairer la marche sur la voie du développement.

Ma conclusion, à l’attention de mon ami, et pas seulement à lui, est qu’il nous faut désormais entamer l’avenir avec un préjugé favorable à cette équipe qui, pour l’écrasante majorité de ses membres, fait unanimement honneur. Il nous faut l’aider aussi, par amour pour notre patrie, indépendamment des tractations politiques et des discours de chapelles : l’aider par le travail, la vigilance et l’engagement citoyen. Car ce n’est plus l’avenir d’un gouvernement ou celui de quelques partis qui sont en jeu, désormais, c’est notre avenir à tous et notre vie même qui sont en jeu.

 


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