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Chronique : L’Algérie, quelle voie après l’issue ?


Par Mansour M’henni Portrait-M.-Mhenni-006

La plupart des observateurs pensaient sans doute que la contestation populaire en Algérie, déclenchée le 22 février 2019, exprimait une protestation contre la candidature du président Bouteflika pour un cinquième mandat. Tous les regards suivaient alors les réactions d’un président qui semblait incapable d’en avoir, jusqu’à un certain 11 mars 2019, ce jour où Bouteflika fit contre mauvaise fortune bon cœur et annonça son renoncement à un cinquième mandat. Néanmoins, il ajouta une condition qui aurait été la goutte à faire déborder le verre, parce que ressentie comme suspecte, celle de rester au pouvoir pour veiller à l’organisation d’une Conférence nationale pour l’élaboration d’un « nouveau système ».

D’aucuns se demandaient alors si c’était vraiment une initiative présidentielle ; ils pensaient plutôt à un ballon d’essai du pouvoir en place. Histoire de ne pas se laisser exclure du projet à venir, et de ne pas en laisser l’entière responsabilité aux opposants! Cependant un indice de taille survient le 18 mars, un revirement important, quand le Chef des armées, le général Gaïd Salah salue les nobles intentions du mouvement populaire et jure l’engagement de l’armée à demeurer « le rempart du peuple et de la nation dans toutes les conditions et les circonstances». Dès lors, comment s’étonner du discours du chef d’état-major devant les forces armées, demandant au Parlement de déclarer Abdelaziz Bouteflika inapte à gouverner et d’appliquer l’article 102 de la Constitution ?

Force est de croire que l’issue était unique, quoi qu’on dise de la légitimité ou non de la déclaration du Général, retransmise à la télévision. A croire aussi qu’elle ait été très probablement entendue entre les parties concernées dans l’équipe au pouvoir. On serait tenté de penser à un 7 novembre 1987 en Tunisie, mais nonobstant certaines ressemblances, les choses sont nettement différentes. Au quatorze janvier 2011 alors ? Sans doute pas !

Il faut se rappeler que l’Algérie est de ces pays où l’armée détient un rôle moteur et pèse d’un poids très lourd dans les décisions essentielles. C’est pourquoi les Algériens savent qu’ils ne sont pas encore sortis de l’auberge. En tout cas l’Algérie est devant un dilemme, surtout que la voie vers un compromis national paraît difficile à imaginer dans l’immédiat. A preuve, la poursuite des manifestations et le refus de l’appel de l’armée par une bonne partie de la population, celle qui a amené cet appel par la force de son mouvement de contestation.

Ailleurs, surtout en Tunisie, chacun y va de sa part de conseil et de rêves à prendre pour la réalité. D’un certain point de vue, la réaction est légitime étant donné le rôle capital de l’Algérie, au moins pour le maintien de la sécurité de la Tunisie. Néanmoins, chacun prêche pour sa chapelle : les uns voulant un jasmin algérien, de vraie saison printanière et de couleur révolutionnaire ; les autres, sans trop le crier, souhaiteraient un départ du Président et une reconduction du système ; d’autres encore, plus modérés, les « centristes » dirions-nous, espèreraient un compromis qui prenne la logique d’une réforme profonde, assurant une mutation vers la démocratisation, sans heurts et sans victimes.

Les frères algériens nous paraissent majeurs et vaccinés, capables d’engager leur destin de la façon dont ils décideront de le faire. Ils en assumeront la pleine responsabilité aussi. Nous ne pouvons donc que leur apporter le soutien qu’ils demanderaient, sans aucun hégémonisme, ni de notre côté ni d’un autre, et avoir confiance en leur patriotisme et leur maturité pour qu’ils réussissent leur transition sans y laisser de grands frais ni de lourds dommages.

Puissent-ils surtout penser à converser ensemble, à faire converser leurs différences jusqu’à réduire les divergences, plutôt qu’à polémiquer, au risque de se retrouver dans un cercle vicieux !


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