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Chronique : L’alarme a sonné en Allemagne Par Mansour M’henni


La crise au sein du parti Afek Tounès n’aura brûlé peut-être que d’un feu de paille vite éteint par la décision du président du gouvernement, Youssef Chahed, de maintenir les membres du gouvernement du parti dans son gouvernement, ne cédant pas à la pression de l’UPL et prouvant encore que, dans son esprit au moins, il est à la tête d’un gouvernement d’union nationale et non de coalition partisane.

C’est tant mieux pour le pays, me semble-t-il ! Je ne sais d’ailleurs quelle mouche a piqué Yassine Brahim pour qu’il s’engage dans une telle aventure précipitée qui ne sera pas sans conséquence sur son avenir politique et celui de son parti. Je n’en veux pour preuve que l’attitude des membres démissionnaires et ceux ayant gelé leur adhésion au parti. D’ailleurs ceux qui sont dans le gouvernement, malgré leur désaccord avec le conseil de leur parti, se sont pliés à sa décision, par discipline partisane, en demandant à être exemptés de leurs responsabilités gouvernementales. Bref, on aura eu droit à juste un incident plutôt qu’à un événement ; même s’il importe d’en tirer plus de conclusions concernant l’avenir des partis politiques dans notre pays.

Ce qui réduit l’effet de la crise d’Afek, c’est évidemment les élections partielles en Allemagne, remportées par Yassine Ayari, à quelques enjambées du candidat de Nidaa Tounès. Au-delà de tous les aléas organisationnels ou naturels de ces élections (4 bureaux seulement, éloignement, un froid de canard, etc.), il reste ce qui est proprement politique et qui vaut que tous les concernés s’y attardent longuement et aussi objectivement que possible, autrement dit en termes d’auto-interrogation et d’analyse critique.

Pour l’heure, certaines remarques s’imposent, chiffres et actes à l’appui, et il serait bon de leur donner leur juste valeur :

1 – Le taux d’inscription et le taux de participation à ces élections partielles sont on ne peut plus humiliants pour les 210 partis environs qui polluent, pour la plupart, le paysage politique de différentes façons qu’il serait trop long de chercher à développer dans le présent propos.

2 – Sur les 26 listes ayant pris part aux élections, dix seulement ont réussi à franchir les 3%. Sur les dix, cinq seulement se présentent franchement sous la bannière de partis à visibilité dans le pays : Nidaa Tounès 21,31 / Courant Démocratique (Tayar) 11,37 / Machrou Tounès 11,12 / Afek Tounès 4,21 / Le Front populaire 3,54. C’est donc à se demander si ce sont ces partis qui vont construire le prochain paysage politique tunisien ! Question à creuser.

3 – Evidemment, on ne saurait oublier Ennahdha, incontournable et indéboulonnable malgré tout ce qui se dit (plus que ce qui se fait) dans ce sens. Aussi sournoisement que d’habitude, ce mouvement a choisi de soutenir un indépendant, contre son allié stratégique, le Nidaa ! Pourtant celui-ci a failli perdre en chemin l’essentiel de sa base et de sa crédibilité à cause de cette alliance (Besoin de revoir les choses, dit son porte-parole) ! Le Mouvement Ennahdha s’est même gardé (Coup bas oblige !) de soutenir une liste qui semblait lui faire du pied au moins par l’homonymie, en l’occurrence La Nahdha de la colonie Tunisienne (0,51) ! Evidemment, Moncef Marzouki est le premier à chercher un nouveau repositionnement dans cette nouvelle mouvance satellitaire qui se construit autour d’Ennahdha !

4 – Bani Watani a joué le même jeu de soutien homonymique avec une liste Bent Watani (5,39), ne cachant pas son jeu, quant à lui, car il n’y avait pas de quoi. Sans doute ce soutien était-il stratégique et le parti avait-il plus à en tirer que la liste soutenue.

5 – Pour le reste, autrement dit les partis du « zéro, virgule », il faut bien se rendre à l’évidence et penser à un autre relookage ! Al-Joumhouri 0,93 / CPR 0,84  / Haraket Ech-Chaab 0,67 / Tayar El Mahabba 0,08. Ces partis doivent comprendre que la parlotte seule n’est pas toujours rentable, surtout quand elle se construit autour de la manipulation flagrante et la démagogie anachronique.

Pour finir, je redirais, ici encore, que ces élections partielles en Allemagne font usage, elles aussi, de « signe déclencheur d’une crise généralisée dans les partis politiques et d’une nouvelle reconfiguration des alliances pour la prochaine échéance électorale en 2019 dont les élections municipales de 2018 constitueraient un atelier d’épreuves préparatoires ».

M.M.


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