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Chronique : La politique, l’argent et les médias


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Par Mansour M’henni

 

Y a-t-il encore de la motivation à écrire sur la politique en Tunisie, avec l’esprit fixé sur l’intérêt collectif et la conscience citoyenne ? On serait tenté de répondre par la négative, tellement le paysage paraît pollué par des pratiques et des attitudes désolantes, révoltantes même aux yeux de certains qui diraient : « On assiste à des comportements et on entend des discours qui sont d’une arrogance caractérisée, d’un cynisme aberrant et d’un scandaleux mépris de l’intelligence des citoyens. Leurs auteurs croient avoir plus de jugeote que les autres, alors qu’ils n’en ont pas pour deux sous : ils ne perdent rien à attendre. »

Un langage de dépit sans doute ! Il peut se comprendre, mais on ne saurait le justifier car ce qui est reproché aux politiques de 2019 est de même nature et dans la logique progression de ce qui prévaut depuis le début de 2011. Est-ce heureux ? Est-ce malheureux ? On ne saurait trancher dans un sens ni dans l’autre : la réponse ne peut être que nuancée. Et c’est pourquoi, par conscience citoyenne, on peut se désintéresser des partis politiques, mais on ne saurait se détourner du politique, ni même d’une certaine politique.

Il est vrai que les élections sont imminentes pour nos acteurs politiques qui ne s’y sont apparemment pas préparés, rationnellement et logiquement. Ils seraient pratiquement restés dans l’esprit de leur adolescence politique, réveillée un certain janvier 2011. C’est pourquoi le théâtre de nos absurdités politiques ne cesse de s’encombrer de tableaux et de scènes on ne peut plus exaspérants pour le commun des citoyens, ceux au moins qui ne se sont embourbés ni dans les jeux dangereux du pouvoir de l’argent ni dans les félonies de l’argent du pouvoir.

Certains de nos politiciens n’arrêtent pas de contester les politiques en cours mais ne proposent rien en échange ! D’autres disent militer depuis longtemps contre les dirigeants qui s’accrochent à leur poste, empêchant ainsi l’ancrage de la culture démocratique dans le pays ; mais ils restent, de leur côté, écroués à la tête de leurs structures politiques respectives, faisant obstacle à toute alternance et à tout esprit de renouveau !

De ce fait, on se retrouve avec un paysage politique à faire perdre la tête et à tuer tout espoir de redressement des choses. Même les médias qui se vantent d’être les plus bénéficiaires du changement de 2011 – « dans l’intérêt de la société », nous disent-ils – les voici, pour leurs propres intérêts, penchés, accroupis même, aux pieds des différentes manifestations du pouvoir ou de l’argent. Chacun y va de sa propre stratégie de connivence, élevée au statut d’une déontologie médiatique implicite. On commence même à faire la promotion de cette façon de voir et d’agir comme une éthique médiatique des temps modernes et du monde contemporain.

Il est vrai que depuis que la presse a découvert ses moyens d’action et d’influence sur le cours des choses – Bonjour Bel Ami ! – on ne cesse de s’interroger sur la relation, complexe et souvent fâcheuse, qui préside à l’interaction entre le pouvoir, l’argent et les médias. On conclut presque toujours à la nature malicieuse, vicieuse et délibérément viciée entre eux. Le pire, c’est que tout cela est développé et promu au nom d’un engagement qu’on dit au profit du peuple. A ce chapitre, évidemment, chacun se présente comme le meilleur, voire le seul, porte-parole du peuple et défenseur de ses intérêts !

Devant une telle situation, par trop farcesque, il n’y a d’issue que par une conscience alerte et éclairée, assez sensible aux simagrées et à la rhétorique pompeuse pour en démonter la supercherie, et suffisamment pensante et informée pour séparer le grain de l’ivraie. Cela devrait commencer par une implication citoyenne généralisée dans la politique de société, au nom de ces derniers principes évoqués, contre toute pratique foncièrement politico-politicienne, la politique du pouvoir convoité, en connivence avec certains lobbies des médias et de l’argent.

Que demeure en chacun nous, malgré tout, cette ferme conviction que la liberté n’est pas contraire à la morale et que la politique n’est pas forcément d’un machiavélisme sans vergogne, étranger à l’éthique fondamentale du vivre démocratique.


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