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Chronique: La Gouvernance du « Je vous ai compris »


Par Mansour M’henni

 

« Chère Madame, chers tous, vous avez subi de plein fouet la hausse des prix du carburant, et avez décidé de réagir en signant cette pétition. Votre message, je l’ai entendu. Je vous réponds directement : vous avez raison »,  répondit le président français Emmanuel Macron à une pétition baptisée « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! »,  et lancée par Priscillia Ludosky, la nouvelle icône  des « Gilets jaunes ».

D’aucuns ont vite pensé, chez nous, au fameux «Je vous ai compris » de Ben Ali, un certain 13 janvier 2011, plutôt qu’au fameux discours du général De Gaulle, un certain 4 juin 1958 à Alger. Il faut cependant reconnaître qu’au-delà des conditions spécifiques à chacun des contextes de référence ainsi que des conséquences différentes en découlant, les rapprochements se justifient tout de même par un point de croisement essentiel, celui de « la compréhension » ou de « l’incompréhension » entre les gouvernants et les gouvernés. Et de ce point de vue, la situation actuelle en Tunisie ne paraît pas étrangère à cette problématique ni aux problèmes y afférents.

Ce qui est sous-jacent à cette phrase, devenue emblématique de la conscience des malentendus suite à des revendications violentes, c’est qu’une incompatibilité d’intérêts ou un contraste des contraintes président aux rapports entre les citoyens et les gestionnaires ou les administrateurs de leurs affaires et de leur vie courante par l’autorité d’un pouvoir acquis conformément aux lois de la démocratie telle qu’entendue et en vigueur.

A y voir de plus près et aussi objectivement que possible, les contraintes des gouvernants et les revendications des citoyens sont aussi justifiées les unes que les autres, du point de vue de chaque partie, mais c’est le lieu de concordance sur un juste milieu qui ne réussit pas à se préciser. Et à chaque fois, il y a un appel au dialogue, dont on nous dit souvent qu’il n’avait jamais été rompu. On en déduirait une différence d’état d’esprit entre le dialogue d’avant la phrase — avant l’ultime tension — et celui d’après. De là à se demander pourquoi celui d’après ne vient pas directement avant.

L’explication paraît simple : le rapport entre les deux parties est toujours fondé sur l’esprit de négociation et non sur celui de conversation. Dans le premier cas, chacun essaie de soutirer à son vis-à-vis le maximum de concessions, dont à gagner, lui, le plus de points. Dans le second cas, chacun essaie de se mettre à la place de l’autre pour une compréhension mutuelle et pour une concordance sur le meilleur possible du vivre-ensemble dans une société de conversation et non une société de bras de fer déguisé en démocratie.

C’est là que le bât blesse, pour notre jeune démocratie qui ne sait plus, semble-t-il, si elle doit se conformer aux modèles canoniques des différentes démocraties classiques, toutes classées dans la catégorie des moins mauvais des régimes politiques, ou si elle doit veiller à innover dans la conception des partenaires sociaux et politiques sur la base d’une nouvelle culture, celle de la conversation et de la recherche du meilleur consensus, plutôt que l’ancienne dialectique polémique et inconciliable qui, à chaque fois, reconstruit un manichéisme intraitable et reconduit une raison irréductible, celle du fort comme étant la meilleure.

(Source: www.jawharafm.net)

 


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