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Chronique : La foire politique et l’intelligence citoyenne


Par Mansour M’henni

Il semble que les discours appelant à la moralisation de la vie politique finissent toujours dans la corbeille de la rhétorique politique pour servir, en cas de besoin, d’instruments de manipulation et de moyens de « bernement » du potentiel électoral parmi les citoyens. C’est à se demander si, finalement, en politique, chacun n’est pas un prédicateur à sa manière, obsédé par la seule idée d’imposer sa vérité et nullement sensible à ce qui fonde la vérité d’autrui.

Sans doute devrait-on s’accommoder de la situation et se dire qu’il en va ainsi en politique et qu’il n’est pas facile de changer des pratiques ancrées dans la société depuis belles lurettes ! En d’autres termes, toujours faire contre mauvaise fortune bon cœur et accepter, faute d’une conduite rationalisée du processus de démocratisation, de se laisser entraîner par son élan spontané et d’aller dans son sens, où il va et comme il va !

Soit alors ! Mais faut-il prendre pour argent comptant tout ce qu’on nous débite de part et d’autre pour nous plonger dans la confusion, voire même dans un désespoir aveuglant ?

J’étais surpris récemment par un député du Front populaire qui, sur le plateau d’une télévision privée, a été interrogé sur le parti ayant le plus pris de temps dans les médias et n’a pas hésité à nommer « les deux partis au pouvoir ». Quand on lui a précisé que c’était son parti et non un autre, il s’est perdu dans un petit bavardage sans queue ni tête, pour finir en queue de poisson.

Je ne suis pas moins surpris par les propos de l’ancien président provisoire qui, déjà, crie à la falsification attendue des prochaines élections et n’observe aucune des règles de la critique objective et du respect des adversaires. Mais il faut croire aussi que c’est le contraire qui étonnerait le plus, car sans cela, Marzouki ne serait plus Marzouki !

Il y a aussi cet ensemble de partis dits « démocrates » ou « centristes », avec un flou caractérisé dans l’emploi des concepts : ils se distinguent par une démarche improvisée, au gré des accointances occasionnelles, et non par un projet politique fondé sur un programme d’action conçu pour des objectifs clairement définis. Du coup, on a une sorte de chef d’orchestre qui n’hésite pas à pousser les alliances, tantôt dans le sens de la pluie et tantôt dans celui du beau temps, allant jusqu’à tenir d’une main le petit doigt des fieffés libéraux et de l’autre main le pouce des prétendus socialistes inaliénables. Le plus amusant est que l’un des dirigeants de ces derniers, appelant à dissoudre le gouvernement pour le remplacer par une équipe de technocrates indépendants, avance l’argument que le peuple tunisien est devenu politiquement mûr et qu’il est capable de faire la part des partis politiques ! Or cela le remet en totale contradiction avec lui-même puisque le peuple n’a rien donné à son parti, dans les élections précédentes, et a donné la majorité aux partis qui gouvernent ! Au nom de quelle légitimité peut-il alors oser une revendication aussi hasardeuse, à quelques mois de la principale prochaine échéance électorale ?

Il va sans dire que tout ce qui a été dit ci-dessus n’occulte pas les insuffisances et certaines maladresses du gouvernement actuel ; mais si crise il y a dans le pays – et elle ne nous semble pas aussi dramatique que d’aucuns voudraient nous le faire croire – elle serait donc de la responsabilité de tous et peut-être plus de la responsabilité de ceux qui font obstacle à toute réalisation pour se resituer politiquement sur un fond d’échec d’autrui, que de la responsabilité de ceux qui essaient de faire quelque chose tout en sachant les difficultés et les risques qu’il y aurait à le faire.

Encore une fois, le constat est que l’engagement citoyen est seul à même d’aider le pays à aller dans le bon sens, car les acteurs politiques tendent à devenir, sur la place publique, des marionnettes qu’on peut s’arrêter un moment pour regarder passivement avec une humeur ou une autre, mais dont on peut parfois ne pas se rendre compte du tout. Tout au plus ose-t-on leur accorder, au mieux, notre indifférence.

 


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