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Chronique : La culture de proximité pour le règne du respect


Par Mansour M’henni

 

Comme attendu, l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a voté en faveur du remaniement ministériel opéré par le président du Gouvernement. Plus de 70% des membres de l’ARP étaient présents, preuve d’une bonne mobilisation, et plus de 80% des présents ont appuyé le remaniement.

Les commentaires à ce propos vont bon train, chacun faisant son petit bonhomme de chemin dans les errances et les extravagances d’un tumulte politique qui semble contredire toute prévision d’accalmie. En effet, les acteurs politiques sont tout montés sur leurs chevaux, tout équipés de divers fers de lance, cherchant chacun à atteindre l’adversaire au point le plus sensible de son image, faute de pouvoir l’atteindre au point le plus névralgique de son corps.

Force est donc de se demander sérieusement si l’intérêt du pays et du commun de ses citoyens peut tirer un quelconque profit de cette façon d’être et d’agir sur la scène politique. Pire encore, une partie de notre dite élite politique est en train d’atteindre un degré intolérable de suffisance et d’arrogance, au point de nous pousser à nous demander si nous vivons vraiment dans un pays civilisé, où règnerait un minimum de respect pour autrui, fût-il un adversaire de l’autre bout idéologique.

Ce qui est désolant dans l’affaire, c’est que la vitrine de nos débats politiques, en l’occurrence l’ARP, ne cesse de nous fournir des exemples révoltants de ces comportements innommables. Ne peut-on pas critiquer sans crier ? Et surtout sans manquer de respect ? En fait, ceux qui ne le peuvent, ou peut-être qui ne le veulent, donnent la preuve qu’ils sont plutôt à court d’arguments et même de logique de pensée. D’une certaine façon, ils sont comme ces perturbateurs figurant dans un spectacle, juste le temps de cette pause divertissante, et ne sauraient avoir droit à l’essentiel de la question parce que démunis de la teneur et du calibre intellectuel qui leur permettraient d’accéder au statut de protagoniste dans le cours des choses sérieuses.

Si tu les interrogeais, ils te parleraient au nom de la démocratie, comme s’ils en étaient les seuls et les vrais propriétaires, oubliant que la démocratie, comme la liberté, sa sœur jumelle, ne sont pas concevables dans une société civile, sans le troisième sommet du triangle du vivre-ensemble, en l’occurrence le respect.

Se posent-ils la question, « ces messieurs qu’on nomme grands », selon l’expression de Boris Vian, de l’impact de leur comportement sur les jeunes. Ne se doutent-ils pas un instant qu’ils ont un exemple à donner, un cheminement à montrer, et une éthique à faire valoir ? C’est vrai que n’est pas toujours éducateur celui-là qui croit ou qui prétend l’être…

Devant de tels dérapages, la société civile restera le seul remède qui affinera l’intelligence et immunisera les citoyens contre l’épidémie de la démagogie et la manipulation par la parole. Encore faut-il que l’Etat aide ce tissu civil, surtout le tissu associatif (dont les parents pauvres sont les associations ayant pour objet la culture et la pensée) à s’activer dans ce sens et avec cet esprit que résumerait l’expression « la culture de proximité pour le règne du respect », où celui-ci, conçu dans l’interaction horizontale, n’a rien de commun avec la soumission.

 


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