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Chronique : La crise de la démocratie représentative


Par Mansour M’henni portrait+

Dans l’un de ses récents entretiens avec la presse internationale, le Président Beji Caïd Essebsi a lancé une phrase qui n’a été ni reprise ni commentée, passant inaperçue avec son air de vérité générale. « La démocratie représentative est en crise, (pause) partout dans le monde. »

Au-delà du contexte de la phrase du Président, une question nous interpelle, la question de la démocratie en général, avec ses principales configurations : représentative, directe et mixte.

Rappelons, de façon résumée, que dans la démocratie représentative « les citoyens expriment leur volonté par l’intermédiaire de représentants élus à qui ils délèguent leurs pouvoirs ». Dans la démocratie directe, « les citoyens exercent directement le pouvoir ; ils prennent eux-mêmes des décisions politiques, sans passer par des représentants issus d’une élection ». Dans la démocratie mixte, il s’agirait plutôt de chercher à réduire les inconvénients de la démocratie représentative par l’intégration « d’éléments de démocratie directe dans les institutions pour que les citoyens soient davantage impliqués dans les décisions politiques ».

Partant de ces données communément connues, il serait peut-être intéressant de discuter la phrase de BCE, ici et maintenant, dans le contexte tunisien actuel. Il va sans dire que la Tunisie a toujours fonctionné sous le label de la « démocratie représentative », même dans les périodes de son autoritarisme caractérisé. En effet, quoi qu’on puisse en dire, le processus électoral avait bien lieu, périodiquement, et c’est toujours des élus qui ont assumé, au moins en surface, la gestion de l’Etat et des affaires de la société. Le régime mixte, voire une certaine forme de la démocratie directe s’étaient imposés en 2011 et en 2013 aussi sous l’intitulé « I3tissam Errahil » qui serait à classer dans la catégorie de la « démocratie d’opinion ».

On peut dire que BCE a expérimenté et profité de toutes ces formes de la démocratie et qu’un développement plus étendu, de sa part, sur la question enrichirait le débat général sur la démocratie, au moins dans cette Tunisie qui se débat encore dans le labyrinthe de sa « transition démocratique ».

Force est cependant de reconnaître d’abord que la Démocratie (avec un grand D) ne peut se concevoir que comme un idéal éternellement recherché, mais servant simplement de repère aux hommes pour qu’ils s’activent à s’en rapprocher le plus possible. Donc ce qui serait « la crise de la démocratie » serait en quelque sorte un mal endémique inhérent au fonctionnement même de la démocratie. C’est un peu comme dans le corps physique dans lequel certains maux, comme le cancer, y sont congénitaux et apparaîtraient au grand jour quand les conditions leur sont favorables.

N’empêche qu’il ne faudrait prendre cette endémie pour une malédiction fatale. Au contraire, elle nous met à l’épreuve des conditions favorables au meilleur fonctionnement des choses dans le processus ininterrompu de la démocratisation ou du rêve démocratique. C’est là qu’intervient l’appel de certains intellectuels à la moralisation de l’action politique. En effet, on prend souvent le prétexte de la « Realpolitik » pour justifier tous les manquements aux promesses électorales qui sont une sorte de contrat inébranlable entre l’élu et ses électeurs. Parfois, on s’en sert pour justifier les dérapages les plus aberrants. Or la « Realpolitik » comme condition circonstancielle de la gouvernance et surtout comme dérogation aux promesses électorales impose un retour aux électeurs, par honnêteté à leur égard. Cela me rappelle le Général De Gaulle qui, à chaque fois qu’il s’était trouvé devant une question non entendue avec ses électeurs avait recouru au référendum. Ce fut le cas pour l’indépendance de l’Algérie par exemple, et pour la question de la décentralisation aussi. Son départ fut une conséquence de la conformité aux règles du référendum.

Ce qui se dit ici vaut pour toute structure gérée par la représentativité électorale et nos députés devraient en prendre conscience. Il y a un maître-mot dans cette logique de fonctionnement, c’est la fidélité comme signe supérieur du respect dû à l’électeur. L’électeur n’élit pas quelqu’un pour qu’il pense et agit à sa place ; il l’élit pour qu’il défende ses convictions et le consulte en cas de besoin ou de nécessité d’adjonction ou de révision.

Pour tout dire, la politique démocratique est une éthique ou elle n’est pas. A bon entendeur, salut !

 

 

 

 


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