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Chronique: La Corruption, ce fléau qui pourrait nous achever !


Une des plaies les plus profondes affectant gravement la chair et le moral d’une société restera toujours la corruption quand celle-ci s’envenime au point de paraître mutine à toute thérapie. Ce cancer s’est emparé d’une large frange de la société tunisienne à tel point qu’on a pu dire que le soulèvement ayant conduit au 14 janvier 2011 s’était déclenché d’abord contre la corruption.

Malheureusement, au début de décembre 2015, les chiffres de Transparency International font état d’un recul persistant du classement de la Tunisie en matière de corruption : 53ème en 2009, 59ème en 2010, 73ème en 2011, 75ème en 2012,  77ème en 2013, 79ème en 2014 sur 150 pays classés.

D’aucuns comprennent, comme Kamel Ayadi, représentant régional du Centre mondial pour la lutte contre la corruption, qu’il y ait « prolifération des pratiques de la corruption, durant les premières années de la révolution, vu l’absence de l’autorité de l’Etat et la désintégration du pouvoir ». Pourtant, d’un autre point de vue, le saut vertigineux en 2011, de la 59ème à la 73ème place demeure inquiétant parce qu’il semble indiquer que le réflexe citoyen va plus dans le sens de la corruption que dans celui de l’intégrité des rapports et des transactions. Aussi l’alerte est-elle lancée pour mettre en place, à toutes les articulations de la structure sociale, et à échéances étudiées, une nouvelle éducation et une vraie culture à l’assainissement de notre conscience du bien public et du respect des droits d’autrui.

Cela se justifie d’autant plus que, comme le note K. Ayadi encore, la corruption persiste «  même après le parachèvement du processus de transition et la mise en place des institutions de l’Etat ». Il conclut alors à l’urgence de la mise en place, par l’Etat, d’une stratégie drastique pour la lutte contre ce fléau par un contrôle strict et des sanctions draconiennes.

Il importe peut-être, à l’appui de ce cri d’alarme réactivé par les chiffres de Transparency international, de rappeler ceux de l’Institut national de la Statistique qui, au début du mois dernier, publie les résultats d’une enquête réalisée en septembre et octobre 2014 sur la corruption. Il en ressort une conscience citoyenne des dégâts de la corruption dans des secteurs aussi essentiels que la santé, la sécurité, l’enseignement, et l’administration locale. Autrement dit tout ce qui est censé faire vivre et s’épanouir une société !

De fait donc, depuis cette prétendue révolution, rien n’a changé dans les mentalités et aucun gouvernement ne semble pleinement engagé dans ce combat qui ne peut pas se faire sans douleur, mais qui doit être fait pour ne pas hypothéquer le futur des générations à venir. Qu’un ancien ministre qui a eu le dossier en main et qui l’a vite abandonné pour une raison ou pour une autre se mette aujourd’hui à nous haranguer sur la nécessité de lutter contre la corruption, cela ne nous ajoute rien et on attendrait de lui plutôt des propositions pratiques ne prenant en compte aucun enjeu des tractations politiques partisanes. Quand on se rappelle, en plus, qu’il a prétendu avoir perdu le livre des comptes de son parti après des élections, au moment où il fallait le présenter au contrôle nécessaire, on se rend bien compte combien il peut être le dernier à pouvoir donner des leçons en matière de lutte contre la corruption.

Que d’un autre côté, un ministre actuel nous chante aujourd’hui le rapport entre la corruption et le terrorisme, cela aussi tout le monde le sait, mais on attendrait de ce ministre une implication engagée dans son gouvernement pour le pousser vers des solutions efficaces et des mesures appropriées contre les deux fléaux.

A l’un et à l’autre, dans l’un des anciens gouvernements ou dans l’actuel, on aimerait souligner que le 9 décembre n’est pas décrété « Journée Mondiale Contre la Corruption » pour que des politiques nous débitent encore leurs discours manipulateurs : eux ne sont appelés qu’à l’action de terrain. Mais le peuple peut, lui, converser de cette question, à l’occasion, pour mieux concevoir, sans la dictée des politiques, sa participation pluridimensionnelle à cette lutte.

Ce qu’on constate de plus déplorable, par ailleurs, c’est l’extrême divergence des positions, entre le gouvernement et l’opposition, sur l’esprit de réconciliation économique dont la Loi de Finances est devenue le théâtre privilégié et l’article 61 le personnage central. Cette divergence peut être heureuse pour la démocratie tant qu’elle ne se limite pas à la polémique oiseuse et à l’entêtement de blocage. La question est délicate entre l’évaluation du passé, les crises du présent et la recherche d’une percée heureuse vers l’avenir. Il est probable alors que certaines concessions devront se faire et qu’un consensus gagnerait à se faire valoir ; pourvu que cela se fasse avec la garantie assurée d’un blocage des issues vers la corruption.

On a fort justement comparé la corruption au terrorisme, tout en soulignant le lien étroit entre eux. Or, à la façon du terrorisme contre lequel il faudrait une mobilisation générale de la citoyenneté et de la gouvernance, il faut mobiliser la population et le gouvernement contre la corruption par une convergence des efforts et une évaluation régulière de l’apport de la première et une imputabilité transparente du rôle du second. Les médias pouvant alors jouer un rôle médian, articulant les deux niveaux des actions l’un à l’autre et les évaluant rigoureusement pour empêcher qu’une quelconque léthargie ne nous prenne devant ces deux vermines et leurs ravages.

Mansour M’henni


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