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Chronique : La clé des élections municipales du 6 mai… Par Mansour M’henni


Finalement, les élections municipales ont eu lieu, le 6 mai 2018, ces « premières élections libres et transparentes » tant attendues, après une séries de délégations spéciales ayant alterné le pire et l’insatisfaisant (ou le passable pour certaines), dans la gestion du quotidien citoyen et de ses services de proximité.

Fermons donc la parenthèse du passé et parlons du présent comme une clé de l’avenir, tout en n’oubliant pas qu’une clé peut aussi bien ouvrir que fermer. D’évidence, l’instant est de commentaire pour l’évaluation et la prospection. Chacun y va de sa façon de voir et c’est tant mieux pour la liberté d’expression ; mais une telle dispersion dans la considération des choses peut-elle servir l’avenir ou, au contraire, continuer la cacophonie politique régnante, bien que d’allure monocorde (tous les discours et tous les programmes se ressemblent !) ?

On s’étonne en effet qu’il y ait autant d’abstentions dans cet événement supposé inaugural de la démocratie locale ! Pourquoi le taux de participation n’est-il que du tiers des électeurs inscrits ? Par rapport au nombre d’électeurs possibles, le pourcentage est encore plus inquiétant. Force est de tirer la conclusion la plus crédible : les Tunisiens, les jeunes surtout, ne croient plus aux politiques qui ne donnent plus que l’image de « fanatiques égocentriques », de « narcissiques sans vergogne », des agitateurs plus que des constructeurs. De fait, ils auront mérité ce dépit qui a valeur de mépris, car ils n’ont rien fait pour convaincre du contraire. Et dire qu’il y a plus de deux cents partis dans le pays ! C’est peut-être cela la raison de la débandade politique.

Pour rester dans l’évaluation des politiques et des partis, il importe de souligner qu’à part le Courant démocratique (apparemment appliqué à soigner son discours et sa communication et modérant la passion excentrique de Samia !), tous les autres partis ont subi un échec cuisant en termes de crédibilité, même si les chiffres paraissent rassurer quelques uns. Dans le meilleur des cas, certains partis, les plus importants, peuvent prétendre avoir sauvé les meubles ; ils ne peuvent pas dire autre chose, surtout que d’autres échéances importantes les attendent. Après tout, les deux grands partis, Ennahdha et Nidaa, sont restés les plus grands par rapport aux autres, même si plus petits qu’ils n’étaient. Cela peut rassurer d’un certain point de vue ; mais cela laisse présager d’autres détours à venir, en vue des élections de 2019.

Du point de vue du positionnement idéologique, on peut dire que le Front populaire mis à part, toujours inamovible à l’extrême gauche, ou peut-être un peu Afek Tounès manifestement de droite libérale dite « socialisante », tous les autres partis graviteraient autour d’un centre de plus en plus décentré, tellement pris de vertige. Même le Mouvement Ennahdha s’en revendique à présent, comme il se revendique à cor à cri de l’Etat civil, tout en étant le seul à sauvegarder une relative cohésion qui est à revoir à présent à la lumière de ces élections municipales.

On trouve dans ce même centre une mouvance se disant « démocratique et sociale », mais réduite à une vraie poussière de partis ayant le dos brisé par une fâcheuse expérience du pouvoir dans la troïka ou par une incapacité congénitale à se redresser. On trouve aussi les destouriens, ou ce qui en reste après les retournements ou la migration d’un bon nombre de leurs anciens partisans : eux aussi, insensibles à la fragilité de leur condition actuelle, continuent de nourrir leurs divergences internes et ne trouvent ni les personnes ni l’état d’esprit qui pourraient favoriser le recouvrement de leur unité structurelle et idéologique.

Mais au milieu de ce centre, il y a Nidaa Tounès et ses enfants naturels, toujours en dissidence par le fait d’humeurs simplistes les poussant à chercher ailleurs satisfaction à leurs ambitions avides. Mais ils sont obligés aujourd’hui de conclure à leur faillite politique et de penser sérieusement à rejoindre leur base, soit en la réintégrant, soit en s’affirmant ses alliés objectifs.

En face de cette débandade politique, il y a les listes indépendantes qui, en classement formel, viennent, toutes réunies, à la tête des taux du scrutin. Un chiffre et un classement à double tranchant et gare aux mauvaises interprétations ! Certains partis n’ont pas tardé d’ailleurs à leur faire les yeux doux, les uns en prétendant respecter leur autonomie pour les entraîner dans une quelconque complicité, les autres les invitant franchement à s’engager dans les petits partis pour les renforcer et favoriser leur impact.

Ce phénomène est trop important pour qu’on se contente de le réduire à un paragraphe du présent propos : il faudra y revenir avec plus d’attention analytique, mais après les élections des présidents des municipalités car c’est là que plusieurs complicités vont devoir se dévoiler.

Publié pa www.jawharafm.net


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