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Chronique : La Cité de la Culture, un amer dans la mer culturelle


Par Mansour M’henni

De quelque bord qu’on se reconnaisse ou se revendique, force sera de reconnaître bientôt que le 21 mars 2018 est une date phare dans l’histoire de la culture tunisienne, juste parce que ce sera la date de l’inauguration de la Cité de la Culture.

Je sais qu’il est des concitoyens enthousiastes pour le projet et d’autres qui ne le sont pas ; les uns et les autres ont leurs raisons et celles-ci ne me paraissent pas toutes de raison objective. Personnellement, sans nier le mérite des petits espaces et de leur juste répartition sur le territoire national, je reste favorable aux réalisations et aux édifications grandioses qui donnent faits et effets au rayonnement de notre pays par la grande visibilité qu’elles donnent aux lumières de notre intelligence, aux beautés de notre créativité et aux splendeurs de notre sensibilité. Qu’on ne vienne pas me dire qu’on n’est pas séduit par les grands édifices culturels construits dans les différents pays et qu’on ne rêve pas, par patriotisme, d’en avoir de pareils ou de meilleurs chez soi ! C’est humain, très humain !

Au-delà des personnes ou des régimes politiques (même si l’honnêteté exige de dire merci et bravo à ceux qui ont fourni de louables efforts et consenti de nombreux sacrifices pour conduire à terme un tel projet), un monument comme la Cité de la Culture mérite plus notre engagement et notre adhésion à ses objectifs que nos manières faussement amusées par quelques dénigrements de basse facture. C’est encore plus heureux que cette inauguration soit jumelée avec la commémoration de notre indépendance nationale, laborieusement et chèrement acquise après trois quarts de siècle de soumission au pouvoir colonial. Il faut reconnaître que, depuis 2011, la commémoration du 20 mars n’a pas  toujours été fêtée à la mesure de l’importance vitale de cet événement fondateur de la Tunisie moderne, en raison de certains malentendus peut-être, mais surtout du fait de certaines rancœurs et d’idéologies rigides qui n’hésitaient pas à tourner le dos à l’Histoire et à croire qu’on peut initier un avenir à partir du néant. Cette année, l’inauguration de la Cité de la culture, le 21 mars 2018, changera la donne et redonnera de l’éclat au 20 mars si, comme promis, elle réussit à établir une nouvelle plateforme et un nouvel esprit pouvant stimuler la créativité, encourager sa libre expression, ressourcer son élan et favoriser son impact et son rayonnement.

J’ai tenu à accrocher cette chronique au titre suivant : « La Cité de la Culture, un amer dans la mer culturelle » parce que je sais que certaines gens par trop sceptiques se presseraient de le lire en pensant à l’adjectif « amer », du goût qu’ils ressentiraient, pour une raison ou pour une autre, de voir cet ambitieux projet de la Cité de la culture se réaliser, contre vents et marées. Par opposition à une telle attitude négative, j’ai voulu dresser ce titre afin qu’il invite, par homonymie, à positiver la perspective et à actualiser le sens de la lumière et de la visibilité, du repérage et de la clarté. Ne l’oublions pas, l’amer (comme chez Saint-John Perse) est un phare (Salut, Baudelaire !), un repère, une lumière qui guide les navigateurs et leur permet de se positionner par rapport à un rivage. Tel serait, à mon sens, le rôle de la Cité de la Culture, un lieu de conversation culturelle et intellectuelle et un catalyseur de l’osmose esthétique. Bref, la matrice d’une humanité en constant ressourcement pour l’esprit nouveau et pour l’affinement des sensibilités, dans l’émulation solidaire plutôt que dans l’animosité meurtrière.

Point n’est besoin d’en parler alors en termes populistes ou régionalistes, voyons-y la chance de la convergence. En effet, elle est conçue pour être la famille, l’atelier et la vitrine de tous les acteurs culturels, où qu’ils se trouvent et d’où qu’ils viennent.

Prenons-la avec cet esprit et mettons-y la main à la pâte, il en sortira des merveilles.


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