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Chronique : Jeux et enjeux après la grève de l’UGTT


Par Mansour M’henni

La grève générale dans la fonction publique a bel et bien eu lieu le jeudi 22 novembre 2011, pour certains sur un ton de victoire inconsidérément scandé, pour d’autres sur un fond plus ou moins affiché de scepticisme et d’appréhension. Quels qu’en soient le bazar et les avatars, il est urgent que tout le monde s’applique à en analyser les effets et les causes et à en tirer les enseignements rationalisés pour la perduration d’une transition historique, déjà en ballottage assez compromettant.

Il ne viendrait à l’esprit de personne de contester aux fonctionnaires publics de militer pour leurs droits et leur dignité, surtout après qu’on leur a crevé les tympans par le slogan d’une « révolution de la dignité » ; ni de reprocher à l’UGTT d’épouser les revendications de ses affiliés dans la logique de son action et en conformité avec son objet.

N’empêche qu’il n’y a aussi à ce propos une autre perspective qu’il importe de prendre en considération si l’on a vraiment en vue l’intérêt et la pacification du pays, avec pour prolongement le retour au rythme requis de la production et des échanges et, par conséquent, la prospérité et l’amélioration de la qualité de la vie. C’est que l’Etat passe aujourd’hui par une crise financière très éprouvante et que celle-ci n’est pas, comme parfois on a tendance à trop le crier pour des raisons politicardes, du seul défaut de la politique en place aujourd’hui, mais de l’accumulation de plusieurs conduites improvisées, complaisantes et sans visées à long termes de tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 2011. N’oublions pas que le premier motif de la grève générale de jeudi dernier (un autre jeudi !) est trouvé dans le fait que le gouvernement actuel n’a pas appliqué les accords conclus entre les syndicats et les gouvernements précédents.

Par ailleurs, le gouvernement actuel est en face d’un véto catégorique du Fonds monétaire international quant à une augmentation du volume de la masse salariale aux dépens du budget d’investissement et de développement. On peut certes avoir toutes les réserves imaginables à l’égard des instances financières internationales auprès desquelles la Tunisie cherche, depuis toujours, l’appui nécessaire en temps de crise ou tout simplement dans sa politique globale de développement. Mais aujourd’hui, peut-on sans risque grave, du jour au lendemain, renverser la table devant ces instances et aller se jeter dans les bras du premier venu qui, aboutissement à ne pas exclure, s’avèrerait lui-même aussi mercantile et aussi contraignant, sinon plus (on ne donne rien pour rien) que les partenaires actuels ?

Les discours enflammés alléguant la compromission de l’autonomie de la décision nationale, voire même certaines formes d’hégémonisme de la part de ces instances, sont peut-être à relativiser au profit d’attitudes réalistes et de propositions raisonnables à même de participer d’un consensus concerté sur des solutions pratiques susceptibles d’aider à sortir de la crise actuelle. Pour se faire, sauf le respect dû aux dirigeants de l’UGTT, ce n’est pas le langage de la guerre ni les discours du défi qui contribueraient à créer l’ambiance favorable à une démarche communément entendue pour sauver et édifier l’avenir commun. Ce n’est pas non plus l’appui de certains partis, dont on sait les implications multiformes dans la crise politique sévissant actuellement pour des calculs partisans, qui ferait la fierté de l’UGTT, car, de par son poids sur l’échiquier national, cette prestigieuse organisation syndicale offre plus le soutien qu’elle n’en demande, et toute complaisance affichée de sa part aujourd’hui à l’égard de certains partis ne peut se lire que comme une prise de parti politico-politique, donc étrangère à son esprit, à son éthique et à son objet spécifique.

Heureux qu’avec le président de l’ARP le discours ait annoncé l’exigence du retour au dialogue, comme pour modérer et réorienter les déclarations menaçantes du Secrétaire général de l’UGTT. Puisse cet appel avoir un écho auprès de tous les partenaires de la décision pour que le pays reprenne le chemin de sa transition démocratique, dans le seul esprit de l’émulation honnête et sereine, programmes, propositions et actions à l’appui !


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