Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Accueil » Samimopinion » Chronique » Chronique: Elections présidentielles et débat télévisé. Par Ali Chedly
deb-tv-fr

Chronique: Elections présidentielles et débat télévisé. Par Ali Chedly


ali chedly Pr. Ali Chedly (Ancien Doyen, Expert-Consultant en Management) 

C’était en Mai 1974. Je commençais mes études de Médecine à Montpellier en France et j’assistais pour la première fois à un débat télévisé entre deux candidats aux élections présidentielles françaises, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, tous les deux passés au deuxième tour des élections et à égalité dans les sondages.
Ce débat télévisé s’inspirait d’une expérience américaine qui remontait aux années 60, avec le fameux débat entre Richard Nixon et John Fitzgerald Kennedy, resté dans l’Histoire.

Dans le débat radiotélévisé de 1974, les deux candidats aux élections présidentielles françaises se sont confrontés verbalement. Les journalistes qui animaient le débat ne pouvaient pas poser des questions aux candidats. Ils étaient là pour leur préciser les thèmes des différentes parties du débat (économie, énergie, défense, éducation, emploi, politique étrangère, …), veiller au respect du temps de prise de parole par chacun d’eux et garantir ainsi le bon déroulement du dialogue. Fait important, les deux candidats « croisaient le fer » autour d’une même thématique à chaque partie du débat qui était ainsi « contradictoire », faisant que chaque candidat essayait de montrer sa supériorité de maîtrise de la question par rapport à l’autre. Giscard d’Estaing a d’ailleurs gagné 1,5 point dans les sondages le lendemain de cette émission et il a été élu Président de la République Française.

Nous avons suivi hier soir à la Télévision Tunisienne un grand événement où huit candidats aux élections présidentielles de notre pays ont été appelés à s’exprimer sur différentes questions. Nous ne pouvons que nous en féliciter. C’est une grande première dans le Monde Arabe et un motif de fierté pour la Tunisie.

Trois remarques sont à toutefois à faire :
– La première est en rapport avec le nombre de candidats participant au débat qui était trop élevé (huit candidats) pour permettre une évaluation, ne serait-ce que qualitative. C’est comme si on passait un examen à huit élèves ou étudiants à la fois en vue d’une évaluation individuelle de chacun d’eux ! Ce genre de débat permet en fait à peine de reconnaître le meilleur (la personne qui émerge du lot !) ainsi que celle dont la performance est nettement inférieure à celle des autres. Entre les deux, il y aura ceux qui paraphrasent des extraits de réponse piqués aux autres, ceux qui « bottent en touche » en donnant une réponse évasive ou bien ceux qui essaient d’impressionner l’auditoire par un semblant d’éloquence ou par un extrait de leur expérience du passé.
– La deuxième remarque est relative au fait que les candidats sont appelés à répondre à des questions différentes, ce qui rend impossible toute évaluation/appréciation « docimologiquement » discriminante, permettant de distinguer le « bon » du « moins bon ». Le facteur « chance » intervient dans la difficulté des questions adressées aux différents candidats, ce qui est contraire aux règles de l’évaluation objective.
– La troisième remarque se rapporte au caractère générique de certaines questions qui ne peuvent donner lieu qu’à des réponses de même génériques, manquant de précision. On se demande ici si les questions posées ont été validées du point de vue « docimologique ». Les journalistes spécialistes des débats télévisés évaluatifs savent le faire.

Nous retiendrons quand même de cette première expérience son caractère innovant et avant-gardiste, promoteur de davantage de rigueur dans le choix de celles et ceux qui nous gouverneront. Le process verra certainement des améliorations par rapport aux entretiens de ce soir et de demain soir, même si peu de temps sépare les différentes émissions.
Nous attendons en fait notamment la confrontation des deux candidats qui passeront au deuxième tour des élections présidentielles où le débat prendra un caractère davantage décisionnel par rapport au choix du futur Président de la République, même si ce choix fait intervenir d’autres facteurs échappant à toute logique prédictive.


Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publierLes champs marqués sont obligatoires *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

WpCoderX