Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Accueil » Samimopinion » Chronique » Chronique : Carthage 2, la balle est dans le camp du Président
cart2

Chronique : Carthage 2, la balle est dans le camp du Président


Par Mansour M’henni

A l’analyse, aussi objective que possible, de la situation par laquelle nous passons, ces temps qui courent, nous reconnaîtrions qu’une déroute caractérisée marque nos façons d’être les uns aux autres et notre manière de gérer nos rapports à notre pays. De quelque côté qu’on regarde, c’est la contradiction de blocage qui nous rit au nez. Force est cependant de se demander si cela nous vient du système politique que nous avons choisi et qui se serait avéré inadapté, ou tout simplement de certains manquements, en nous, toutes catégories confondues, à l’obligation citoyenne, par trop d’égoïsme et de narcissisme.

Il va sans dire que l’indicateur le plus en vue est celui de la queue de poisson de ce fameux Carthage 2 qui donne l’air de tourner à une autre guerre punique. En effet, à résumer toute cette affaire en ses principaux fondements, ceux-ci seraient les suivants : d’un côté une rivalité politique meurtrière entre deux frères ennemis, attendant un arbitrage qui tarde à se prononcer, de l’autre un goût de revanche d’un responsable syndical qui se voudrait au-dessus de la loi, par refus de l’éventualité même du moindre soupçon. D’un côté comme dans l’autre on se dit soucieux de l’intérêt du pays, on allègue la faiblesse du gouvernement, due à l’incompétence de son chef, et la précellence d’une centrale syndicale qui peut tout se permettre contre tout le monde et qui ne permet rien contre elle. Pour résumer encore plus cette situation abracadabrante, on la dirait ainsi : « Youssef Chahed, partira ? Partira pas ? » Tout ce qu’il y a d’autre, autour de ces considérations plutôt personnelles, en tout cas personnalisées, ne semble pas avoir de l’importance. Pour peu, on penserait à la célèbre maxime de Jha : « Après moi, le déluge ».

On nous dit que 63 points de l’accord de Carthage 2 ont fait l’objet du consensus des concernés ; on aurait même signé le document s’y rapportant. Reste le point en suspens, le point 64, 8X8, en langage informatique cela fait, semble-t-il, 0X0, donc ZERO. Autrement dit, ce point 64 devrait compter pour rien ou presque, et dans ce cas on serait dans un vrai document pour le pays. Ou alors, ce point devrait compter pour le tout et pourrait annuler les 63 points acquis, tel que cela paraîtrait dans le chantage de l’UGTT, et dans ce cas, la preuve est on ne peut plus claire que c’est le pays entier qui compterait pour rien devant les considérations personnelles ou sectorielles.

Le Président de la République joue son propre jeu en en chargeant les autres. Il sait pourtant, mieux que les autres, que cibler Youssef Chahed aujourd’hui est néfaste pour le pays, non pour la personne du chef du Gouvernement, mais pour tout le casse-tête que cela provoquerait et qui pourrait conduire à une réclamation longtemps revendiquée par Al-Jabha et autres sympathisants, celle de l’invalidité de la légitimité actuelle, fût-elle électorale. BCE a donc donné le week-end pour clore les négociations, autant dire les combines. Et puis, le week-end est favorable à tous les excès et tous les leurres médiatiques, surtout sur les réseaux sociaux. C’est donc heureux pour tester les différents scénarios et leurs effets, et pour mettre à l’épreuve les nerfs et les intelligences des uns et des autres. A ce chapitre, c’est toujours Ennahdha qui sort vainqueur ! Tant pis pour les autres.

Finalement, aujourd’hui, ses adversaires et même certains de ses anciens sympathisants reprochent à BCE de se laisser glisser sur la pente des faiblesses des anciens présidents de son (ancienne) famille politique en termes de népotisme familial. Va-t-il trouver le moyen, par-delà les limitations et donc le prétexte des obligations constitutionnelles, de donner la preuve du contraire et de sauver son image politique devant l’Histoire ? Nombreux sont les Tunisiens qui continuent d’y croire ou d’y espérer, en attendant d’en avoir confirmation. Sinon, ce n’est pas la seule image du président qui serait compromise, mais l’avenir même du pays.

(Publié par jaharafm.net)


Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publierLes champs marqués sont obligatoires *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

WpCoderX