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Chronique : Carthage 2 et le risque de dérapage


Par Mansour M’henni

Les négociations et les tractations qui animent ce qu’il a été convenu de baptiser le « Document-Carthage 2 » tirent vers la conclusion d’un accord qui semble tourner essentiellement autour du limogeage (appelons les choses par leur nom) de l’actuel président du gouvernement Youssef Chahed. C’est sans doute ce qui constitue la plaie profonde dans le corps d’un accord qui serait en train de naître avec une infirmité congénitale couvant une maladie chronique de la politique tunisienne depuis 2011.

On nous dira, encore une fois, que c’est le prix de la démocratie, en essayant de nous faire avaler cette pratique manipulatrice qui donne ce nom à tout ce qu’on veut imposer.

Il faut reconnaître que l’ensemble des accoucheurs de Carthage 2 ont vite laissé l’essentiel de côté pour se concentrer sur le marginal. Le premier constat objectif, la plateforme de base de la commission chargée du dossier, était que le pays avait des difficultés à reprendre une vitesse normale de développement et que cela était dû certes à quelques erreurs d’appréciation du gouvernement, mais que cela était dû particulièrement à un mécanisme de blocage de la machine de développement par certaines catégories politiques ou sociales sous tutelle de ceux-là mêmes qui aujourd’hui prennent le gouvernement pour cible. Disons les choses autrement : les vrais problèmes actuels de la Tunisie sont plus des problèmes d’engagement citoyen que d’opportunité politique ; mais de cela, on semble très peu se soucier.

Youssef Chahed n’est peut-être pas le président de gouvernement idéal, je crois même qu’il n’en a pas la prétention ; mais on dit la même chose de Habib Essid après en avoir dit le contraire ; on dit cela aussi de Mehdi Jomaa, depuis qu’il est sorti du cadre technocrate où on l’avait circonscrit pour se repositionner dans le cercle politique où il veut et croit devoir être. Sans parler des précédents qui avaient intrinsèquement cumulé les conditions de l’échec ou les raisons du mécontentement.

Logiquement, la commission ou la concertation de Carthage 2 devait avancer des propositions pratiques, limitées et efficaces, pouvant conduire le pays jusqu’à la prochaine échéance électorale de 2019, soit dans un peu plus d’une année. Pour ce faire, les personnes comptaient peu ou presque puisqu’elles seraient limitées par un programme politique consensuel ou presque. Il était alors admis que quatre ou cinq portefeuilles d’importance décisive en matière d’économie et de stratégies de développement pouvaient changer de chef, mais le changement d’un président du gouvernement aujourd’hui est de nature à conduire le pays vers des dérapages fâcheux, aux conséquences malencontreuses.

En effet, il y aura d’abord à fournir toutes les conditions constitutionnelles et à subir la mise en veilleuse de la gouvernance pendant tout le temps nécessaire à un transfert légitime du pouvoir gouvernemental. Cela sans compter l’autre revers de l’opération, celui d’un vote favorable au président du gouvernement, dans l’Assemblée des Représentants du Peuple. Le cas de figure est à prendre en considération puisque certains députés dans les « partis de Carthage » en parlent déjà ! Je vous laisse deviner la suite, dans ce cas…

Mais même sans cela, autrement si le vote est défavorable à Youssef Chahed ou s’il décide de ne pas se présenter devant l’assemblée (ce qui affecterait sérieusement son avenir politique), il faudra au moins un trimestre pour composer un nouveau gouvernement et l’installer, à supposer que l’on veuille, encore une fois, comme en 2016, sauter sur le congé politique et se concentrer sur cette tâche.

Nous voilà déjà arrivés à Octobre avec de nouveaux membres du gouvernement appelés à passer au moins un trimestre à maîtriser les dossiers et la commande de leurs équipes, sans parler du grand marathon de la Loi de finances 2019. Bref, ce serait en mars qu’on commencerait à regarder dans le nouveau document de Carthage 2 et à peine commence-t-on que l’été sonne le glas de son soleil et sa chaleur torride.

Au fait, j’allais oublier ramadhan et le démarrage de la machine des élections de 2019 ! Un casse-tête chinois pour un autre gouvernement qui sera accusé des mêmes échecs, qui ne seront pas forcément les siens, mais ceux d’un esprit de politique politicienne, un mal de politicard, plus soucieux de manigancer le dénigrement des personnes que de construire de vraies stratégies de redressement et de reprise du développement.

A croire que l’intérêt du pays compte si peu devant certains intérêts de petite facture. Puisse la Tunisie ne pas en faire les frais, indépendamment des personnes, de toutes les personnes !

(Publié par jaharafm.net)


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