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Chronique : Au chevet d’une patrie malade


Par Mansour M’henni

Il est des gens qui ne peuvent pas être évoqués sans dégâts et Sihem Ben Sedrine semble être dans ce cas. Je n’ai pas à la juger ici, mais je me dois de commenter la dernière crise provoquée par le vote contre la prolongation de son mandat pour une année supplémentaire, au terme des quatre ans pendant lesquels elle était à la tête de l’IVD.

Ce qui est certain, c’est qu’il faut distinguer l’affaire Ben Sedrine et la question de l’IVD. La première relève d’une erreur de départ consistant à mettre à la tête d’une telle instance la personne la moins habilitée à y être de par plusieurs motifs tous objectivement défendables, notamment celui d’être juge et partie dans l’affaire. Pourtant la décision avait été prise par un vote – déjà très problématique, on s’en souvient – dans l’assemblée constituante ; malheureusement ce vote-là était sur fond d’un tiraillement politique et d’une tension sociale en résultant et ne pouvait alors que consacrer des intentions de manipulation de la vérité, contre toute dignité.

La suite est connue, elle était d’ailleurs prévisible, et nous voici aujourd’hui divisés, contre l’objectif fondamental d’une IVD, avec un texte de base interprété dans tous les sens et débouchant sur une chose et son contraire, la rhétorique à la main et à la bouche pour cracher sur la vérité et sur la dignité.

Au fait, de quelle vérité parle-t-on ? Ne voit-on pas que chacun brandit sa vérité comme l’unique et l’imbattable, ne songeant nullement à la nuancer ni à la relativiser ? Et c’est la salle du parlement qui se transforme en un ring de pugilistes, pour ne pas dire en un terrain de tauromachie.

D’aucuns nous disent que c’est le prix de la démocratie, qui nécessite un temps d’apprentissage ! Mais de quel apprentissage parle-t-on et quel spectacle donne-t-on à voir aux jeunes qui ont rêvé une révolution dans les mentalités, amenant une éthique citoyenne de construction, de justice et de développement ? Et jusqu’à quand continuerons-nous à bafouer tous les principes du vivre-ensemble dans une société civilisée, en l’occurrence les principes de respect, de tolérance et de solidarité, pour veiller ensemble à assurer la justice, l’équité et la liberté, celle-ci n’ayant rien à voir avec l’indiscipline et l’anarchie ?

Cela me rappelle ces concitoyens qui disaient, en 2011, qu’il fallait un prix pour la révolution et que cela serait en un certain nombre de vies à sacrifier, au nom d’un principe ou d’un autre !!! Pourtant, ce sont eux-mêmes qui développent des discours contre la peine capitale et qui se révoltent contre la mort dès qu’elle atteint l’un des leurs, dans le cercle de leur appartenance idéologique !!!

Tout cela nous atteint en ce temps crucial où plusieurs menaces pèsent sur l’Etat et sur la société entière, alors que nos politiques cherchent d’autres chats à fouetter !!! Malheur à la société qui se dote de certains concepts dont elle n’a pas intériorisé l’état d’esprit à coup de culture et d’éthique. Qu’est-ce qu’une démocratie qui tourne à l’anarchie ? Qu’est-ce qu’une liberté qui devient agression d’autrui ? Qu’est-ce qu’une responsabilité qui ne se dote pas d’une conscience citoyenne tournée vers la construction et vers le bien-être pour tous, indépendamment des appartenances : politiques, religieuses, génériques, etc. ?

Notre patrie est on ne peut plus malade et nous sommes sans doute nombreux à en souffrir, mais très peu de gens sont en train d’agir pour la guérir, laissant inconsidérément des apprentis infirmiers la maltraiter, incapables qu’ils sont de distinguer entre l’eau et le poison ! Puissions-nous lui éviter, juste à temps, la pente descendante, le point de non retour et le pire destin !

Aujourd’hui encore me revient en mémoire une phrase de Balzac qui me semble dire l’essentiel à ce propos. Il m’a suffi d’y remplacer la France par la Tunisie pour la trouver toujours on ne peut plus actuelle : « La Tunisie est souvent trompée, mais comme une femme l’est, par des idées généreuses, par des sentiments chaleureux, dont la portée échappe d’abord à tout calcul. »

(Publié d’abord dans: www.jawharafm.net)


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