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Chronique: Abus d’exploitation agricole de l’eau publique pour le profit privé


J’ai été particulièrement surpris et quelque peu contrarié par les arguments et les explications du ministre de l’Agriculture dans l’actuel gouvernement des affaires courantes, relayés aussi par certains de ses collaborateurs dans différentes régions du pays, et justifiant la pénurie d’eau par la régression de la pluviosité dans notre pays ces derniers temps.

Sauf erreur de ma part, je crois que le statut et les conditions de notre pays en matière de ressources en eaux est bien connu et que déjà avant 2011, on nous avait annoncé un risque de grande pénurie en 2025. J’ai souvenir aussi qu’en cette période antérieure à 2011, une stratégie a été mise en place pour éviter à la Tunisie une telle pénurie jusqu’à 2030 au moins.

Je sais que pour certains, il relèverait du sacrilège que d’oser parler de ces temps bannis autrement qu’en propos critiques et même vindicatifs, même si la plupart des projets dont on se vante, ces cinq dernières années, sont sortis des tiroirs de cette période. De fait, le Tunisien paraît de plus en plus convaincu qu’en matière de développement, rien n’a effectivement été initié ou entrepris malgré tout l’argent passé par ou à côté des caisses du pays.

Cependant, la sagesse nous dicte de toujours regarder le passé pour éclairer l’avenir et de ne pas exagérer les données objectives pour défendre les manquements d’une conjoncture particulière, même si c’est souvent le cas quand le politique strict l’emporte sur l’évaluation rationnelle. Nous savons que le problème de l’eau devrait être une priorité de notre politique de développement et que plusieurs acteurs civils et administratifs ont fait toutes les études et toutes les propositions qui se devaient peut-être ; néanmoins, c’est les décisions et les actions qui nous ont fait défaut ces dernières années.

Nous savons surtout que la responsabilité de l’eau est partagée et ce ne sont pas certaines lectures à rebours, d’un régionalisme cherchant à s’infiltrer de nouveaux dans certains esprits, qui nous tireraient d’affaire. Ni d’ailleurs les discours démagogiques voulant défendre certaines politiques peu réussies ou certaines responsabilités mal gérées.

Je voudrais juste évoquer ici une situation qui relèverait d’un abus franc de l’exploitation d’un bien public pour un profit privé. Je veux parler de ces puits profonds creusés sans autorisation et exploités dans l’irrespect de la loi et le silence de l’administration. Parfois avec la complicité de l’administration par l’association d’un de ses employés au projet agricole tirant parti de l’infraction.

Nous savons que le sondage et le forage sont soumis à des autorisations demandées auprès du ministère de l’agriculture, ce qui permet à celui-ci de gérer convenablement l’exploitation des nappes, et d’empêcher leur épuisement.

Nous savons également que, selon les lois en vigueur, il y a deux catégories d’exploitation des ressources renouvelables en eau souterraine, en fonction de la profondeur de la nappe:

 1 – Jusqu’à 50 m, les eaux « peuvent être utilisées pour l’exploitation privée, avec cependant quelques restrictions (périmètres de sauvegarde ou d’interdiction) pour les nappes en surexploitation ».

 2 – Au-delà de 50 m, « les eaux souterraines dites profondes sont essentiellement réservées à l’exploitation publique ».

Que dire alors de ces gens profitant de l’eau publique tirée d’une profondeur de plus de 120 mètres, et ce depuis une décennie au moins, avec même un refus catégorique de faire profiter les voisins qui pourraient, grâce à cette eau en principe commune, exploiter leur terre et devenir des producteurs agricoles ? Le cas de figure que nous évoquons, un fonctionnaire du ministère de tutelle, s’est contenté, à l’arrivée de la troïka, d’organiser dans la superbe villa de son domaine agricole à puits non réglementaire, un congrès local d’Ennahdha au pouvoir présidé par le ministre de l’Agriculture en personne et cadre supérieur de ce parti !

Les gouvernements qui sont venus après n’ont rien fait, eux non plus, pour réparer la situation. Pourtant, la solution ne serait peut-être pas dans la fermeture de la ressource en eau s’il s’avère qu’il n’y a pas péril en la demeure. Il suffirait d’organiser la juste répartition de cette eau publique entre ceux qui, dans la même région, veulent rendre productives leurs fermes, moyennant les frais qui se devraient. Autrement dit, procéder à un regroupement de ces agriculteurs qui attendent une eau promise depuis au moins six ans.

Pourtant, le Chef du gouvernement sortant était un spécialiste d’agriculture ! Le nouveau aussi, mais pour ce dernier, attendons voir ce qu’il fera.

Ahmed Gacem (Tunivisions.net)


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